ÉTATS-UNIS - OURAGAN

Ike frappe violemment les côtes du Texas

L'œil de l'énorme ouragan Ike a atteint samedi matin les côtes du Texas. La montée des eaux ainsi que des vents extrêmement violents menacent les 250 000 personnes restées dans les zones à risque en dépit des ordres d'évacuation.

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L'ouragan géant Ike s'est abattu sur les côtes américaines du Texas (sud) dans la nuit de vendredi à samedi, frappant durement Houston, quatrième agglomération du pays, avec des rafales de vent dépassant les 200 kmh.

Aucune information n'avait encore fait état de victime en début de matinée (heure locale), les secours n'osant pas encore sortir par peur des vents qui soufflaient toujours à des vitesses impressionnantes plusieurs heures après le début de la tempête.

L'oeil de l'ouragan a touché la côte à Galveston à 02H10 locales (07H10 GMT), à environ 70 km au sud de Houston avec des vents de plus de 175 kmh, faisant monter le niveau de la mer de six mètres environ, a indiqué le Centre national des ouragans (NHC) basé à Miami (Floride, sud-est).

Une bande côtière longue de 640 km dans les Etats du Texas et de la Louisiane a été placée en état d'alerte devant l'envergure considérable du phénomène.

Les autorités de Galveston, une station balnéaire bâtie sur une langue de terre entre une lagune et le golfe du Mexique, s'attendaient avec angoisse à découvrir de nombreuses victimes lorsque l'ouragan se sera suffisamment calmé pour permettre aux pompiers de constater les dégâts.

"Ca a été facile jusqu'à présent", a déclaré un pompier réfugié dans l'hôtel le plus solide de la ville. "Mais ramasser les corps va être une autre paire de manches vu le nombre d'appels que nous avons reçus hier alors que nous ne pouvions aller nulle part".

Les pompiers ont décidé vendredi à 21H00 locales (02H00 GMT) de ne plus se déplacer en réponse aux appels de détresse. Malgré l'ordre d'évacuation lancé jeudi, plus d'une centaine de milliers d'habitants seraient restés terrés chez eux à Galveston et dans le proche comté de Brazoria.

"Je n'ai jamais vu un ouragan pareil. L'étendue des dégâts va dépasser l'imagination", a déclaré Diane Thiel, une native de Galveston âgée de 62 ans.

La ville a déjà été frappée en 1900 par un cyclone qui a fait plus de 8.000 morts et reste la plus grave catastrophe naturelle de l'histoire des Etats-Unis.

Le gouverneur du Texas Rick Perry a estimé vendredi que l'ouragan pourrait provoquer pour 100 milliards de dollars de dégâts, ce qui en ferait la catastrophe la plus coûteuse de l'histoire du pays.

Après avoir évolué vers l'intérieur des terres, Ike a été rétrogradé en catégorie 1 sur l'échelle de Saffir-Simpson, a annoncé le NHC.

La montée soudaine de la mer et les fortes pluies ont apparemment provoqué des inondations dans certains quartiers de Houston et les environs où selon la chaîne de télévision MSNBC de nombreuses résidences et commerces étaient inondés.

L'ouragan a pu amener jusqu'à 25 cm de pluie sur l'est du Texas et le sud-ouest de Louisiane, selon le NHC.

Selon différentes estimations, de deux à trois millions de foyers étaient sans électricité alors que l'ouragan a arraché de nombreux poteaux ou que des arbres brisés ont coupé les fils électriques. Les services d'urgence de la région ont enregistré une augmentation de 60% du nombre d'appels de secours.

La mairie de Houston a appelé la population à consommer autant que possible de l'eau minérale alors qu'il y a des craintes quant au système d'approvisionnement de la ville en raison des inondations et des coupures d'électricité.

"C'est une tempête énorme, qui provoque beaucoup de dégâts, pas seulement au Texas mais aussi dans certaines parties de la Louisiane", a déclaré samedi matin le président George W. Bush.

M. Bush a aussi annoncé un allègement des procédures d'importation d'essence afin de répondre aux difficultés d'approvisionnement provoquées par le passage d'Ike sur les raffineries de la région de Houston, qui représentent 25% de la capacité de raffinage des Etats-Unis.

Vendredi, avant l'arrivée du cyclone, les prix de gros de l'essence ont fait un bond à plus de cinq dollars le gallon (3,78 litres) contre 3,64 dollar en moyenne la semaine précédente aux Etats-Unis, selon le Département des Transports.

Des analystes prévoyaient une augmentation de quelque 20 cents le gallon à la pompe pendant un mois.
 

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