PAKISTAN - VIOLENCES

Des islamistes s'emparent brièvement d'un bâtiment public

Des combattants islamistes armés se sont brièvement emparé d'un bâtiment public à Peshawar. Cette attaque intervient alors qu'Islamabad a lancé ces dernières semaines une offensive dans le district de Bajaur, proche de l'Afghanistan.

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Des dizaines de combattants islamistes armés se sont emparé samedi soir d'un bâtiment public à Peshawar, la grande ville du nord-ouest du Pakistan, dont ils se sont enfuis rapidement avant l'arrivée des policiers, sans faire de victimes, a annoncé la police.

En fin de soirée, des dizaines de partisans du groupe islamiste armé Lashkar-i-Islam du chef tribal Mangal Bagh ont pris d'assaut un immeuble du gouvernement et ont pris en otage quelques gardes de sécurité, dans cette mégalopole proche des zones tribales du nord-ouest, où l'armée combat les talibans pakistanais épaulés par leurs homologues afghans ainsi que des combattants étrangers d'Al-Qaïda.

"Nous avons vidé le bâtiment et libéré les otages mais les assaillants avaient réussi à s'échapper", a indiqué peu après minuit à l'AFP le chef de la police de Peshawar, Sulaiman Shah.

Le Lashkar-e-Islam est un groupe fondamentaliste du district de Khyber, du nom de la fameuse passe qui relie le Pakistan à l'Afghanistan, et dont le chef, Mangal Bagh, se dit proche des talibans afghans. En réalité, son groupe est davantage connu pour les rapines, les prises d'otages contre rançon et le racket des convois qui relient les deux pays.

L'armée avait lancé, en juin, une offensive contre le Lashkar-i-Islam, qui multipliait les raids dans Peshawar et intimidait les habitants, mais les combattants de Mangal Bagh avaient refusé de se battre et leur chef signait, le 9 juillet, un accord de paix avec les autorités locales.

Samedi soir, ses hommes qui ont pris d'assaut le bâtiment public étaient lourdement armés, ont raconté des témoins à l'AFP. Mais, selon un officier de police, ce sont les gardes de sécurité pris en otage qui ont réussi à alerter la police, qui a provoqué leur fuite.

"Nous avons scellé les sorties de la ville et nous les recherchons", a affirmé Sulaiman Shah.

Or, c'est l'intervention de leaders et d'anciens des tribus de la Khyber qui a permis de négocier avec les preneurs d'otage un libre passage en échange des otages, a assuré à l'AFP un officier des forces de sécurité sous couvert de l'anonymat.

"Cette attaque était purement symbolique, ils voulaient faire passer le message qu'ils étaient capables de s'attaquer à un bâtiment du gouvernement", a-t-il ajouté.

Ce nouvel épisode de violences intervient alors que l'armée, sous la pression intense de Washington dont le Pakistan est l'allié-clé dans sa "guerre contre le terrorisme", a lancé ces dernières semaines une vaste offensive dans le district tribal de Bajaur, frontalier avec l'Afghanistan, l'un des bastions des talibans pakistanais liés à Al-Qaïda.

Plus de 700 personnes ont été tuées dans ces combats depuis début août, pour l'essentiel des combattants islamistes selon l'armée, et 260.000 personnes ont fui les affrontements.

Washington est convaincu qu'Al-Qaïda et les talibans afghans ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan et les forces américaines présentes en Afghanistan voisin multiplient, ces dernières semaines, les tirs de missiles en territoire pakistanais, ciblant Al-Qaïda mais n'épargnant pas les civils.

Le ton est monté ces derniers jours entre les deux pays pourtant alliés, les Etats-Unis menaçant de lancer des opérations terrestres en territoire pakistanais, Islamabad rétorquant que son armée les en empêchera "à n'importe quel prix".
  

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