EUROTUNNEL - ACCIDENT

Le trafic reprend progressivement dans le tunnel sous la Manche

Le transport de passagers et le frêt ont lentement repris dans la partie du tunnel sous la Manche épargnée par l'incendie. La circulation des Eurostar sera réduite tout le week-end -avec 12 trains dans chaque sens.

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Le trafic a repris progressivement samedi matin dans la partie du tunnel sous la Manche épargnée par l'incendie de jeudi alors que les enquêteurs se penchent sur les causes d'un sinistre qui a duré plus de vingt heures.

Le trafic passager ne reprendra que sur une seule voie, de manière alternée, et la circulation des Eurostar sera réduite tout le week-end avec des temps de parcours allongés, a annoncé la SNCF.

Eurostar prévoit de mettre en circulation pour la journée jusqu’à douze trains dans chaque sens entre Paris et Londres et jusqu’à six trains dans chaque sens entre Bruxelles et Londres, soit 60% du trafic quotidien en temps normal. Des arrêts seront effectués en gare de Lille Europe, d’Ashford International et d’Ebbsfleet International.

"Les trains utiliseront le tunnel sud qui n'a pas été affecté par l'incendie. Il est demandé aux voyageurs de se présenter en gare à l’heure prévue pour leurs réservations initiales. Ils seront placés sur le premier train disponible", a précisé un communiqué d'Eurostar.

Le trafic fret a redémarré normalement depuis 02h00 samedi matin mais celui des véhicules de tourisme reste interrompu, pour une durée indéterminée.

L'incendie qui s'est déclaré jeudi après-midi sur une navette transportant des poids lourds dans le tunnel a été éteint vendredi en fin de matinée et a fait au total six blessés légers.

Le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), Gérald Lesigne, a confirmé le caractère accidentel de l'incendie mais ses causes demeurent inconnues. De son côté, Eurotunnel a réfuté l'hypothèse, un moment envisagée, d'une surchauffe des freins sur le premier camion incendié.

Revenant sur des témoignages de chauffeurs, M. Lesigne a souligné qu'il y avait eu "présence simultanée des flammes et des explosions: cela laisse penser que les flammes étaient préexistantes et que les explosions étaient le résultat de la montée en température des réservoirs des poids lourds".

Une information judiciaire a été ouverte vendredi pour "dégradation involontaire par incendie et blessures involontaires". L'enquête a été confiée à la police judiciaire de Lille.

Le secrétaire d'Etat chargé des Transports Dominique Bussereau devait se rendre samedi après-midi au siège d'Eurotunnel à Coquelles (Pas-de-Calais) pour présider "une réunion associant les dirigeants d'Eurotunnel et des services de secours et de sécurité, sur la gestion de l'accident", selon la préfecture du Pas-de-Calais.

L'incendie serait parti d'un camion, puis propagé au reste de la rame qui roulait vers la France jeudi vers 15H00 à 12 km de l'entrée française du tunnel, qui assure les liaisons fret (camions), tourisme (véhicules légers) et Eurostar.

"Le train a stoppé net et nous avons été projetés. Les lumières se sont éteintes. C'était un vrai cirque, les gens commençaient à paniquer à cause de la fumée", a relaté Patrick Legein, un routier belge présent sur la navette.

La fermeture momentanée du tunnel a totalement perturbé le trafic transmanche, avec des dizaines de camions bloqués côté anglais et des milliers de voyageurs (15.000 sur la seule journée de jeudi) qui n'ont pu effectuer leur voyage.

Concernant la partie incendiée du tunnel nord, aucune date de remise en service ne peut être avancée et cela prendra "plusieurs semaines", a affirmé Eurotunnel, précisant que les "réparations seront importantes".

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