ÉTATS-UNIS - WALL STREET

Le gratin de la finance se réunit pour sauver Lehman Brothers

Les pouvoirs publics américains et les grandes banques de Wall Street n'ont plus que quelques heures pour présenter un plan de sauvetage de la banque Lehman Brothers, sous peine de voir les bourses s'effondrer.

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Le temps est compté pour éviter un bain de sang sur les marchés financiers: les pouvoirs publics américains et les grandes banques de Wall Street n'ont plus que quelques heures pour présenter un plan de sauvetage de Lehman Brothers, sous peine de voir les bourses s'effondrer lundi.

Pour le deuxième jour consécutif, le gratin de la finance newyorkaise s'est retrouvé samedi au siège de la banque de réserve fédérale de New York pour tenter de trouver une solution aux maux de la banque d'affaires.

Et clairement les discussions sont difficiles, à en croire le compte-rendu qu'en a fait la presse américaine. Les journaux soulignent que la situation est encore fluide, alors même que le secrétaire au Trésor Henry Paulson aimerait présenter quelque chose de concret avant l'ouverture des marchés en Asie lundi.

L'optimisme qui prévalait encore en début de journée samedi a laissé la place à un sentiment beaucoup plus sombre, notait le Wall Street Journal.

Selon le New York Times, la piste privilégiée serait celle d'un démantèlement de la plus petite des banques d'affaires de Wall Street.

Les actifs immobiliers à risques de Lehman seraient parqués dans une nouvelle société indépendante, auxquelles les grandes banques américaines apporteraient les capitaux nécessaires à son fonctionnement. Le quotidien avance une somme pouvant aller jusqu'à 30 milliards de dollars.

Le reste des actifs de la banque, les plus sains, seraient repris par un tiers. La britannique Barclays semble la plus active sur cette partie du dossier, même si Bank of America, voire HSBC, semblent toujours dans la course.

Mais les banques sollicitées renâclent à apporter les financements nécessaires car la plupart rencontrent elles-même des difficultés.

Quand, il y a dix ans, les grands établissements newyorkais avaient accepté de mettre au pot pour éviter l'effondrement du fonds à risque LTCM, ils étaient pour la plupart en bonne santé financière. Aujourd'hui, ils sont saignés à blanc par une crise particulièrement sévère.

M. Paulson a pourtant été sans ambiguïté: il n'y aura pas d'argent public pour sauver Lehman. Selon lui, les difficultés de la banque étaient connues de tous depuis des mois et sa situation n'est en rien comparable à celle de sa rivale Bears Stearns qui s'était effondrée en mars en moins d'une semaine.

La banque centrale avait alors accepté de financer la reprise de Bear Stearns par JPMorgan pour 29 milliards de dollars. La semaine dernière, M. Paulson avait mis sur la table 200 milliards de dollars pour éviter une faillite des organismes de financement hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac.

Cette fois-ci, il ne devrait pas y avoir de soutien des pouvoirs publics pour Lehman Brothers. Et si la solution de place souhaitée par M. Paulson devait échouer, il n'y aurait d'autre alternative qu'une liquidation.

La disparition de la banque devrait toutefois être suffisamment encadrée pour éviter un chaos sur les marchés financiers. Rien ne serait en effet pire pour les marchés qu'une vente accélérée, à prix bradés, des actifs de Lehman.

Vendredi, le président de la Fed de New York Timothy Geithner avait plaidé pour que les grandes banques se mobilisent en faveur de Lehman, car personne ne pouvait savoir quelle serait la prochaine pièce de ce domino financier à tomber après elle.

Sur la seule journée de vendredi, le titre de l'ex-numéro un mondial de l'assurance AIG a plongé de 31% et celui de la banque d'affaires Merrill Lynch de 12%. La grande banque de Seattle, Washington Mutual, fait aussi partie des établissements fragilisés, qu'une absence de règlement du dossier Lehman pourrait précipiter dans les abysses.
 

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