ÉTATS-UNIS - DÉFENSE

Odierno prend la tête des troupes américaines en Irak

Le général Raymond Odierno succède au général Petraeus. Retrait des troupes, élections législatives en 2009, transfert du contrôle des provinces aux forces irakiennes, il doit achever le transfert de compétences régaliennes aux Irakiens.

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BAGDAD, 14 septembre (Reuters) - Raymond Odierno prendra mardi les fonctions de commandant en chef des troupes
américaines en Irak.  Si la situation est plus apaisée que l'an dernier, ce général de corps d'armée, qui sera promu général quatre étoiles le jour de sa nomination, restera confronté à un grand nombre de défis.

 

Agé de 54 ans, chauve, très grand, Odierno a commandé la 4e division d'infanterie pendant l'invasion de 2003. Il est retourné une seconde fois en Irak en décembre 2006 pour prendre le poste de commandant adjoint des forces américaines, en charge des opérations au jour le jour, qu'il a occupé jusqu'en février.

 

Pendant l'invasion, il a été critiqué par certains analystes et officier pour la dureté des opérations menées dans son secteur, qui incluait Tikrit, la ville natale de Saddam Hussein. Odierno avait répondu que la région était un bastion des insurgés et justifiait des actions sévères.

 

En tant que numéro deux des forces américaines en Irak, Odierno a adopté une approche plus mesurée, soulignant l'importance de la réconciliation entre factions irakiennes et la nécessité de fournir des services à la population pour réduire l'attrait exercé par les groupes insurgés.

 

Sécurité

 

Même si le niveau de violence s'est fortement réduit, plusieurs échéances sont porteuses de risques pour la sécurité du pays, comme les élections provinciales prévues à la fin de l'année ou début 2009. Des élections législatives doivent suivre à la fin 2009.

 

Les tensions restent vives entre Arabes et Kurdes pour le contrôle de la ville de Kirkouk. Le gouvernement dirigé par les chiites prendra également prochainement le contrôle des milices supplétives sunnites qui ont basculé du côté de l'armée américaine pour combattre Al Qaïda. Le réseau radical islamiste, même s'il paraît affaibli, garde les capacités de lancer de vastes attaques, en particulier dans les provinces de Diyala, Salahuddin et Ninive.

 

Retrait

 

Sous le commandement d'Odierno, le nombre des soldats américains déployés en Irak devrait se réduire de manière importante. Le Pentagone retirera 8.000 hommes d'ici février, laissant 138.000 militaires sur place. Le candidat démocrate à la Maison blanche Barack Obama a promis un retrait de toutes les troupes de combat dans un délai de 16 mois s'il élu en novembre. Son rival républicain John McCain se montre plus prudent, estimant que les retraits doivent être déterminés par la situation sur le terrain. Dans tous les cas, Odierno devra gérer une transition sans heurts.


Contrôle des provinces


Les forces américaines ont déjà transféré aux forces irakiennes la responsabilité de 11 des 18 provinces du pays. Le
contrôle de secteurs vitaux comme celui de Bagdad doit être restitué dans le courant de l'année 2009.  


Liens avec le gouvernement


Odierno travaillera dans un environnement bien différent de celui de son prédécesseur le général David Petraeus. L'Irak est plus confiant dans ses forces de sécurité. Bagdad a également obtenu de Washington des compromis sur un pacte de sécurité en cours de négociation, appelé à remplacer l'actuel mandat de l'Onu qui justifie la présence en Irak des troupes américaines mais expirera à la fin décembre.  


Reconstruction


L'Irak souffre d'un manque chronique de services; les infrastructures, négligées pendant des décennies, touchées par
la guerre et les sanctions des Nations unies, sont en ruines; l'instabilité et la corruption ont entravé les efforts de reconstruction. Des travaux urgents sont nécessaires pour augmenter la production d'électricité, améliorer la distribution
d'eau potable et le traitement des déchets ou réparer les routes. Le pays doit aussi créer des emplois pour apaiser le
mécontentement qui a conduit des jeunes gens à rejoindre des groupes armés.

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