TERRITOIRES PALESTINIENS

Olmert juge sévèrement des raids menés par des colons

Ehoud Olmert a qualifié de "pogroms" des violences commises par plusieurs dizaines de colons contre des Palestiniens et leurs maisons dans un village de Cisjordanie, à la suite de l'agression d'un garçon juif.

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JERUSALEM, 14 septembre (Reuters) - Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a comparé dimanche à un pogrom un raid de représailles mené la veille par des colons juifs dans un village palestinien de Cisjordanie, ajoutant qu'il ne tolèrerait pas ce genre d'attaques.

 

Plusieurs dizaines de colons, certains faisant usage d'armes à feu, ont attaqué les Palestiniens et endommagé leurs maisons dans le village d'Assira al Kabaliya après qu'un Palestinien eut poignardé un garçon juif dans une colonie voisine.

 

La vie du jeune garçon, âgé de neuf ans, n'est pas en danger.Trois Palestiniens ont été blessés par balles dans l'attaque, selon des responsables médicaux."Dans l'Etat d'Israël, il n'y aura pas de pogroms contre les non-Juifs", a déclaré Olmert à l'ouverture du conseil des ministres.  "C'est un phénomène intolérable, qui sera traité avec la plus grande fermeté par les représentants de la loi", a-t-il ajouté.

 

Aucune arrestation n'a été effectuée après le raid.L'emploi du mot "pogrom" est particulièrement fort en Israël, puisqu'il trouve son origine dans les violences commises contre les Juifs en Russie à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

 

Les colons "ont commencé à jeter des pierres contre les maisons. Ils ont cassé des fenêtres et tiré sur les gens qui sortaient de chez eux un peu partout pour essayer de protéger leurs voisins", a déclaré Mohamed Arouf, un habitant d'Assira al Kabaliya, s'exprimant en hébreu à la radio israélienne.

 

"Il est temps pour Israël d'arrêter de jouer le rôle de victime et de commencer à être l'agresseur", a par ailleurs plaidé Yigal Amitai, porte-parole de la colonie voisine d'Yitzhak, qui se trouve au sud de Naplouse.  Une députée du parti de gauche Meretz, Zehava Galon, a accusé les autorités israéliennes de fermer les yeux depuis des
années sur les violations de la loi par les colons.

 

Un plan d'indemnisation

 

Quelque 500.000 Juifs vivent sur les terres de Cisjordanie prises par Israël après la Guerre des Six-Jours en 1967, y compris Jérusalem-Est, aux côtés de 2,5 millions de Palestiniens.Pour la première fois, le gouvernement israélien a débattu dimanche en conseil des ministres d'un projet d'indemnisation des colons volontaires pour quitter les parties de la Cisjordanie qui seraient remises aux Palestiniens dans le cadre d'un futur accord de paix. 

 

Ce plan du vice-Premier ministre Haim Ramon prévoit d'offrir une somme d'argent à tout colon qui accepterait de quitter les implantations situées au-delà du mur qu'Israël construit en Cisjordanie occupée.  Ils se réinstalleraient ailleurs en Cisjordanie, dans les enclaves qu'Israël entend conserver dans le cadre d'un accord, ou en Israël même. 

 

Ramon a présenté une étude indiquant que 18% des 61.000 colons vivant à l'est du mur, soit 11.000 environ, seraient prêts à déménager immédiatement en échange d'une indemnisation.Le vice-Premier ministre propose de verser 1,1 million de shekels (environ 217.000 euros) par maison.Le conseil représentatif des colons Yesha a réagi en réclamant qu'Olmert soit "évacué" des affaires publiques en Israël.

 


 Le Premier ministre est mis en cause dans des affaires de corruption. Il a promis de démissionner une fois élu son
successeur à la tête du parti centriste Kadima. Les primaires ont lieu le 17 septembre mais Olmert pourrait continuer à diriger le gouvernement pendant plusieurs semaines ou mois encore, le temps qu'un nouveau cabinet soit formé. 

 

La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, favorite pour lui succéder à la tête de Kadima, s'est montrée tiède envers le plan Ramon, jugeant prématuré de discuter d'une quelconque indemnisation. 

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