INDE - ATTENTATS

La police sur la trace d'islamistes indiens

La police indienne aurait arrêté plusieurs suspects après la vague d'attentats à New Delhi, revendiquée par les Moudjahidines indiens. Cinq bombes ont explosé samedi dans des endroits fréquentés de la ville, tuant au moins 20 personnes.

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Les cinq attentats islamistes perpétrés samedi soir dans des quartiers commerçants et huppés de la capitale indienne New Delhi ont fait au moins 20 morts et près de 100 blessés, ont indiqué dimanche les autorités, qui pensent retrouver rapidement les coupables.

"Vingt personnes sont mortes et 98 ont été blessées", a annoncé à l'AFP Rajan Bhagat, porte-parole de la police de la capitale fédérale, revoyant légèrement à la baisse le bilan dressé dans la nuit qui était de 22 tués.

Les cinq engins explosifs ont sauté dans trois quartiers différents fréquentés par la nouvelle classe moyenne indienne, celle qui consomme à tour de bras et flâne le soir dans le coeur historique de New Delhi.

En l'espace de 45 minutes, les bombes ont en particulier ensanglanté un symbole de la capitale, Connaught Place, une majestueuse place construite par le colonisateur britannique, composée de deux anneaux couverts d'arcades aux centaines de commerces et restaurants locaux et occidentaux.

Un autre quartier commerçant, Greater Kailash, très prisé des nouveaux riches Indiens et des étrangers, pour ses bars, clubs et librairies à la mode, a été secoué par deux bombes. Une cinquième a visé le nord-ouest de New Delhi où s'alignent des magasins d'électronique.

Trois autres engins ont été désamorcés juste à temps, a confirmé le porte-parole de la police: l'un d'eux a été mis au jour près de la Porte de l'Inde, un arc de triomphe militaire, d'où part une gigantesque avenue, Raj Path, bordée de pelouses et de bassins où les familles viennent le soir prendre le frais, déguster des glaces et jouer au ballon.

Des médias indiens affirmaient dimanche que la police avait déjà arrêté des suspects, sans fournir d'autres détails.

"Nous disposons d'indices fondamentaux, d'indices positifs. Nous espérons résoudre cette affaire", a assuré l'officier Bhagat.

Un groupe mal connu, les Moudjahidine indiens, a revendiqué ces attentats dans un courrier électronique. "Au nom d'Allah, les Moudjahidine indiens ont encore frappé. Faîtes ce que vous voulez. Arrêtez-nous si vous le pouvez!", ont-ils proclamé dans leur message diffusé par les médias.

Cette cellule islamiste indienne s'était déjà déclarée responsable d'attentats en juillet à Ahmedabad, une ville commerçante de l'ouest, qui avaient fait 45 morts.

D'après des sources au sein des services de renseignement locaux, il pourrait s'agir d'un groupe local interdit par le gouvernement il y a plusieurs années, le Mouvement islamique des étudiants d'Inde (SIMI).

D'autres experts pensent que ces Moudjahidine indiens seraient liés à des organisations islamistes basées au Pakistan, le Lashkar-e-Taiba et le Jaish-e-Mohammed, luttant contre la présence indienne au Cachemire et accusés de nombreux attentats en Inde.

En octobre 2005, à New Delhi, trois attentats attribués à ces islamistes liés au Pakistan avaient fait 66 morts.

Mais des diplomates indiens et étrangers pensent que le géant asiatique, devenu la 10e puissance économique mondiale, est désormais la cible de groupes islamistes locaux et non plus seulement d'organisations venues du Pakistan ou du Bangladesh voisins.

Islamabad a toujours nié toute responsabilité et le nouveau président pakistanais Asif Ali Zardari a condamné samedi soir le carnage de New Delhi.

Depuis trois ans, l'Inde est frappée environ tous les trois mois par un attentat. Les plus meurtriers restent ceux de Bombay du 12 mars 1993 (257 morts) et ceux du 11 juillet 2006 dans des trains et des gares de cette même capitale de la finance et du cinéma (186 morts).

C'est d'ailleurs de Bombay que serait parti le courrier électronique des Moudjahidine indiens, d'après la presse.

Toute l'Inde a été placée en état d'alerte.
 

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