ITALIE - AVIATION

Ultimes négociations à Alitalia pour éviter la faillite

Des tractations de la dernière chance se sont engagées entre les repreneurs d'Alitalia, les syndicats et le gouvernement italien pour éviter que la compagnie aérienne ne se retrouve dès lundi en état de cessation de paiement.

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Des tractations présentées de tous côtés comme celles de la dernière chance se sont engagées dimanche entre les repreneurs d'Alitalia, les syndicats et le gouvernement italien pour éviter que la compagnie ne se retrouve dès lundi en état de cessation de paiement.

Si les négociations progressent suffisamment, une "réunion finale" pourrait être convoquée dimanche soir à partir de 18h00 locales (16H00 GMT) pour des négociations marathon "jusqu'à un accord", a annoncé Claudio Claudiani, secrétaire général du syndicat Fit-Cisl, à son arrivée au ministère du Travail. Dans la nuit de samedi à dimanche, les tractations auraient permis de légères avancées. Selon le journal Repubblica, les repreneurs auraient amélioré de 100 millions d'euros l'enveloppe proposée pour que les salariés acceptent les nouveaux contrats de travail prévus par le plan de reprise.

Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi s'est engagé personnellement depuis samedi dans les négociations et entend coûte que coûte obtenir des partenaires sociaux un accord qui permettrait à l'Italie de conserver une compagnie aérienne nationale.

Une faillite d'Alitalia serait "un désastre pour le pays entier", a-t-il martelé samedi, accusant la gauche d'être derrière "les comportements déraisonnables" des salariés.

La compagnie vit sous perfusion grâce à un prêt de l'Etat et se trouve au bord du gouffre car les entrepreneurs italiens disposés à la relancer et les syndicats s'opposent sur les conditions de rémunération, les congés ainsi que le contrat unique prévus par le plan de sauvetage.

Le plan de la Cai (Compagnie Aérienne Italienne, société regroupant les repreneurs) prévoit le licenciement de 1.000 pilotes, ce qui est pour nous "tout à fait irrecevable", a répété dimanche matin Massimo Notaro, président de l'Union des pilotes (UP), l'un des deux syndicats de pilotes d'Alitalia.

La perspective d'une faillite imminente d'Alitalia s'est brusquement concrétisée samedi avec l'annonce par l'administrateur de la compagnie -- nommé par le gouvernement -- qu'elle risquait de ne pas pouvoir garantir tous ses vols, faute d'être en mesure de payer le carburant.

"Jusqu'à demain, nous avons des vols garantis, mais lundi non, car ils ne nous fourniront plus de kérosène", aurait déclaré Augusto Fantozzi, le commissaire extraordinaire, selon des sources syndicales citées par les agences italiennes. Dans un communiqué, M. Fantozzi a ensuite démenti avoir tenu ces propos alarmistes, reconnaissant seulement avoir expliqué qu'"il existait des difficultés d'approvisionnement qui pourraient représenter un risque pour certains vols".

Le commissaire a également annoncé qu'il allait être contraint de mettre au chômage technique dès lundi les équipages des 34 avions non utilisés par la compagnie.

Détenue à 49,9% par l'Etat, Alitalia, qui perd 3 millions d'euros par jour, s'est déclarée insolvable et a été placée le 29 août sous administration extraordinaire.

Une faillite d'Alitalia serait un revers pour le gouvernement de Silvio Berlusconi, qui avait promis qu'il trouverait des repreneurs italiens, après l'échec de la tentative d'Air France-KLM qui s'était heurtée à l'hostilité des syndicats.

Le plan de la dernière chance prévoit la reprise des activités de transport de passagers par la Cai, qui est prête à mettre un milliard d'euros sur la table, et une fusion avec Air One, la deuxième compagnie de la péninsule.

En revanche, la dette de près de 1,2 milliard d'euros serait reprise dans une seconde société, qui serait liquidée et les activités de maintenance et de fret cédées.
 

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