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Lufthansa, meilleur associé pour Alitalia, selon Berlusconi

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi estime que la compagnie allemande Lufthansa serait le partenaire international le plus à même de sauver son homologue italienne Alitalia, au bord de la faillite.

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Les grandes centrales syndicales d'Alitalia ont signé lundi un protocole d'accord, qui passe par quelque 3.000 suppressions d'emplois, afin d'éviter une faillite de la compagnie aérienne italienne.

Mais les représentants de cinq syndicats des pilotes et des personnels de cabine n'ont pas dit s'ils comptaient signer cet accord qu'ils n'ont pas négocié et se sont plaints d'avoir été écartés des discussions.

 Les négociations devaient reprendre à 20h00 (18h00 GMT) dans les bureaux du président du Conseil, Silvio Berlusconi.

Ce dernier a dit Lufthansa serait le meilleur associé international pour la nouvelle Alitalia.

"Dans les jours suivant l'accord, la nouvelle Alitalia devrait trouver une alliance internationale et la plus judicieuse est Lufthansa, même pour (l'aéroport milanais) Malpensa", a-t-il dit, comptant sur un accord proche avec les syndicats. Par un tel accord, les quatre principaux syndicats italiens (CGIL, CISL, UIL et UGL) acceptent les grandes lignes d'un plan de sauvetage présenté par le groupe d'investisseurs candidat à la reprise d'Alitalia.

Ce plan prévoit la suppression de 3.000 emplois et le maintien de 12.500 salariés au sein d'une compagnie aux activités réduites. Des milliers d'autres employés travaillent dans des filiales qui seraient cédées.

"C'est un premier pas important", a commenté un responsable de la CISL, Raffaele Bonanni. Il a toutefois ajouté plus tard : "Maintenant, ça passe ou ça casse. Si ça casse, nous nous serons livré à un véritable gâchis dans l'un des marchés les plus riches du monde de l'aviation et, surtout, nous aurons perdu 20.000 emplois."

Les négociations doivent désormais porter sur la question épineuse des baisses de salaires. "Le problème persistant qui pourrait, s'il n'est pas réglé, provoquer l'échec de cette initiative est celui des nouveaux contrats de travail", a déclaré le ministre du Travail, Maurizio Sacconi.

Son collègue de l'Industrie, Claudio Scajola, a prévenu qu'il n'y avait "plus que quelques heures" pour sauver la compagnie dont la cotation en bourse est suspendue depuis juin dernier et qui a déposé le bilan le 29 août.

 

 

Dans le rouge depuis 1999

 

L'autorité de l'aviation civile italienne a averti au cours du week-end qu'Alitalia risquait de perdre sa licence si elle ne parvenait pas à payer son kérosène, comme la compagnie l'a elle-même laissé craindre.

Lundi, les aéroports internationaux de Rome et Milan ont connu un trafic normal.


Le groupe pétrolier Eni a exclu d'accorder un passe-droit à la compagnie. "Même si Berlusconi ou le pape me le demandaient", a déclaré le patron d'Eni, Paolo Scaroni, au quotidien La Repubblica. "Eni ne peut pas fournir de carburant aux compagnies aériennes si elles ne peuvent pas payer en cash. Les accords internationaux sont clairs."

Silvio Berlusconi a assuré qu'il ferait tout son possible pour sauver Alitalia de la faillite.


Une disparition de la compagnie nationale constituerait un sérieux revers pour le président du Conseil. Il avait promis pendant la campagne électorale des dernières législatives qu'il utiliserait ses contacts dans le monde des affaires pour trouver un repreneur italien.

CAI, le groupe d'investisseurs intéressé par Alitalia, a déclaré en public qu'il ne consentirait pas d'autres concessions, mais selon La Repubblica, l'administrateur délégué du consortium, Roberto Colaninno, aurait amélioré son offre sur les salaires, qu'il proposerait désormais de réduire de 20%, et non plus d'environ 25%.

Une offre de rachat d'Alitalia par Air France-KLM, qui avait la bénédiction du gouvernement de centre-gauche au pouvoir à l'époque, avait échoué en avril face à l'hostilité des syndicats. Silvio Berlusconi, alors dans l'opposition, avait aussi menacé de bloquer ce scénario s'il gagnait les élections.

L'État italien détient 49,9% d'Alitalia. La compagnie n'a pas gagné d'argent depuis 1999 et croulait en juillet sous une dette de près de 1,2 milliard d'euros.
 

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