LIVRE ÉLECTRONIQUE

L’eBook, le livre du futur

Depuis plusieurs années, le spectre du livre électronique plane sur le marché de l’édition et relance le débat sur l'avenir du papier. Qu'en est-il à l’heure de la rentrée littéraire et de l’arrivée en France du Reader de Sony ?

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Aux côtés des titres attendus de la rentrée littéraire, on pourra trouver dès la mi-octobre sur les rayons de la chaîne de magasins FNAC, le nouveau Reader de Sony. Ce nouveau modèle de lecteur de livres électroniques (ou eBooks), qui permet de télécharger et de transporter jusqu’à 160 ouvrages numérisés, sera vendu à 300 euros.

 

Au vu du succès remporté par le Kindle, le lecteur d’œuvres numériques épuisé quelques heures seulement après son lancement, en 2007, par le géant Amazon, il n’est pas impossible que le Reader de Sony connaisse un excellent démarrage commercial.

 

Souvent perçu comme le symbole de la mise à mort du papier, le numérique peut aussi offrir une seconde vie aux œuvres menacées de disparaître sous l’effet du temps. La numérisation permet donc d’élargir et de démocratiser l’accès à certaines publications, mais également de sauvegarder un patrimoine.

 

Un marché naissant

  

Le 30 juin dernier, Bruno Patino, l’ex-directeur de l’hebdomadaire Télérama et du Monde interactif, récemment nommé à la tête de France Culture, a rendu au ministère de la Culture un rapport sur le livre numérique en France dans lequel il tente de délimiter les contours d’un secteur largement plus développé outre-Atlantique. Selon un rapport de l'IPDF, autorité internationale dans le domaine de l'édition numérique, les ventes de livres électroniques aux Etats-Unis ont augmenté de 87 % entre juin 2007 et juin 2008.

 

L’arrivée du Reader en Hexagone pourrait-elle être l’élément déclencheur d’un engouement pour l’eBook ?

 

Pour Laurent Hentz, assistant Web et éditions chez M21 Éditions, qui commercialisent des lecteurs d’eBooks depuis près de neuf mois, l’enthousiasme est bien réel. Du moins chez les aficionados des nouvelles technologies. Et si les jeunes restent encore réticents, en raison du prix élevé de l’objet, certains se disent néanmoins très intéressés par cette technologie qu’ils comparent volontiers à l’iPod (le baladeur multimédia d’Apple).

 

"Ce que les utilisateurs d’eBooks, âgés pour la plupart de 40 à 60 ans, apprécient le plus c’est la possibilité de stocker un grand nombre d’ouvrages parce qu’ils voyagent beaucoup, ou encore de pouvoir agrandir les caractères s’il ont des problèmes de vue", explique-t-il. Mais selon lui, "ce qui, à l’heure actuelle, fait défaut en France, c’est la faiblesse de l’offre en matière d’œuvres".


"L’eBook n’est pas une menace pour l’instant"


Cette carence est notamment l’une des raisons pour lesquelles Hélène Clément, chargée de mission au Syndicat de la librairie française, ne voit pas l’eBook menacer, dans l’immédiat, le livre papier. "Il y a certains secteurs qui sont complètement numérisés, mais ce n’est pas le cas encore de la fiction par exemple."


Pour Hélène Clément, certains utilisateurs de textes numériques sont également de grands lecteurs de livres papiers. Nombreux sont ceux, en effet, qui réserve l’eBook à un usage professionnel. "Au niveau de la librairie, on structure le réseau pour faire en sorte que les libraires soient en mesure de proposer l’œuvre numérique aux côtés de l’œuvre papier", explique-t-elle.

 

Reste que la question des droits d’auteur préoccupe beaucoup écrivains et éditeurs, qui craignent de subir les mêmes méfaits que l’industrie du disque depuis l’avènement du téléchargement et du format MP3. Le rapport Patino ne manque d’ailleurs pas de souligner que "l'entrée dans le numérique" devrait "être appuyée par une réflexion interprofessionnelle sur les droits d’auteur".


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