LIBAN

Les armes du Hezbollah au centre du dialogue national

Les représentants des principales forces politiques du Liban doivent se retrouver au palais présidentiel de Baabda pour entamer le "dialogue national". La question de l'armement du Hezbollah devrait être au centre des pourparlers.

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En convoquant les 14 signataires de l'accord conclu en mai à Doha, qui avait dénoué la crise politique entre la majorité parlementaire et l’opposition, le président libanais Michel Sleimane cherche à relancer le "dialogue national", dans un contexte sécuritaire explosif qui n’a épargné aucune région du Liban. Au centre des discussions : la question épineuse des armes du Hezbollah.
 

Les principales figures politiques invitées à dialoguer

 
Il s’agit bien d’une reprise, puisque jusqu’à son interruption deux semaines avant le déclenchement de la guerre entre l’Etat hébreu et le Hezbollah le 12 juillet 2006, une conférence de dialogue nationale avait déjà réuni les principales figures politiques du pays, choisies en fonction de leurs poids symboliques au sein de chaque communauté religieuse.

 
Ce sont ces mêmes personnalités qui doivent se réunir ce mardi autour de la table présidée par Michel Sleimane, en présence du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. La majorité est principalement représentée par le druze Walid Joumblatt, le sunnite Saad Hariri et les chrétiens Samir Geagea, chef des Forces libanaises, et l’ancien président de la République Amine Gemayel. Du côté de l’opposition, le général chrétien Michel Aoun doit siéger aux côtés de la délégation du Hezbollah et du président chiite du Parlement Nabih Berri, chef du parti Amal.

 
Désaccords profonds sur la question des armes du Hezbollah

 
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, devrait être, sauf surprise, le seul absent de haut rang et ce pour des raisons de sécurité. C’est pourtant sur la question de l’armement de la milice chiite, dont la légitimité est contestée par la majorité parlementaire échaudée par l’offensive du Hezbollah sur Beyrouth en mai 2008, que devraient se concentrer les discussions.

A l’heure actuelle, les divergences sont profondes sur le sujet, ce qui laisse craindre un achoppement des discussions avant même l’ouverture du dialogue, même si les deux parties ont martelé ces derniers jours leur volonté de parvenir à aplanir les différences de vue sur l’avenir du pays.


En effet, le camp du 14 mars (majorité parlementaire) exhorte le parti chiite à dissoudre sa milice au sein de l’armée libanaise et de participer, de fait, à l’élaboration d’une stratégie nationale de défense où seul l’Etat aurait le monopole de la violence légitime.

Selon le député Moustapha Allouche, issu du Courant du Futur, le parti de Saad Hariri, "il n’y aura pas d’espoir tant que les armes - du Hezbollah - ne seront pas remises à l’Etat". Pour le camp de l’opposition, "la résistance a d’ores et déjà donné un exemple de stratégie de défense efficace capable de protéger le Liban et de lui garantir la victoire" face à Israël, déclarait le 14 septembre le député Mohammed Raad, chargé de représenter le Hezbollah.

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