MEXIQUE

Explosions meurtrières lors de la fête nationale

Au moins sept personnes ont trouvé la mort et une cinquantaine d'autres ont été blessées, lundi soir, par une série d'explosions dans la foule célébrant la fête nationale mexicaine à Morelia, dans l'État de Michoacan, dans l'ouest du pays.

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Au moins sept personnes ont été tuées et 70 blessées dans la nuit de lundi à mardi par deux engins explosifs à Morelia, une ville de l'ouest du Mexique, pendant la célébration de la Fête nationale, et les autorités locales ont dénoncé "un acte terroriste".

Les explosions ont eu lieu quelques minutes avant minuit (05h00 GMT) dans le centre de Morelia, capitale de l'Etat de Michoacan, où étaient rassemblées des milliers de personnes.

"Il y a sept (morts) dans les services de médecine légale du Parquet de l'Etat (de Michoacan), et on estime qu'il y a près de 70 personnes blessées dans différents hôpitaux de Morelia", a déclaré à l'AFP un fonctionnaire du Parquet régional, sous couvert de l'anonymat.

Les explosions se sont produites sur la place Melchor Ocampo, pendant le feu d'artifice qui suit le traditionnel "Cri de l'indépendance", "Viva Mexico", a précisé lors d'une conférence de presse le gouverneur de Michoacan, Leonel Godoy, selon les sites internet de journaux régionaux.

"Il s'agit d'un acte terroriste, sans que nous sachions encore quels en sont les auteurs, mais aucun doute, c'est un acte terroriste", a déclaré plus tard le gouverneur dans une interview en direct à la télévision. "Le crime organisé est notre première hypothèse", a précisé M. Godoy.

Le gouverneur, membre du Parti de la révolution démocratique (gauche), a ajouté avoir reçu auparavant des menaces selon lesquelles un attentat serait commis à Morelia mardi, jour de la parade militaire à Mexico, la capitale fédérale, pour la Fête nationale qui commémore le début de la guerre d'indépendance contre l'Espagne.

L'attentat de Morelia a vraisemblablement été commis avec des grenades à fragmentation, selon le gouverneur. Des témoins affirment "qu'elles ont été lancées de la place même, et parlent d'un homme robuste, vêtu de noir", a-t-il dit.

La police aurait reçu des appels téléphoniques anonymes faisant état de menaces d'explosion, selon deux quotidiens régionaux, El Sol de Morelia et Cambio de Michoacan.

Après les explosions, des policiers ont ouvert le feu sur des individus armés dans plusieurs véhicules qu'ils ont pris en chasse, tandis que l'armée barrait les accès à Morelia et à sa périphérie, selon le site internet d'El Sol de Morelia. On ignore si les suspects poursuivis étaient liés aux explosions, selon le journal.

En signe de deuil, les autorités de Morelia ont annulé le traditionnel défilé du 16 septembre, selon El Sol. La Fête nationale mexicaine, qui commémore le début de la guerre d'indépendance contre l'Espagne, commence dans la soirée du 15 septembre et se poursuit le 16.

Le gouvernement fédéral du président conservateur Felipe Calderon, lui-même originaire de Morelia, a exprimé sa "condamnation énergique", affirmant vouloir "redoubler d'efforts pour soutenir l'enquête et éliminer la criminalité et la violence qui secouent" l'Etat de Michoacan.

Dans la capitale, M. Calderon avait présidé lundi soir la célébration publique du "Cri de l'indépendance" devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, sur la place du Zocalo, le coeur historique de Mexico.

La célébration dans la capitale s'était déroulée sans incident.

Peu avant et conformément à un accord préalable, le chef de l'opposition mexicaine de gauche, Andres Manuel Lopez Obrador, avait fêté au même endroit l'indépendance avec des milliers de militants et sympathisants.

M. Lopez Obrador, battu de peu par M. Calderon lors de la dernière élection présidentielle en 2006, a quitté la place du Zocalo sans incident pour laisser la place à la cérémonie officielle.

Le président Calderon a élevé la lutte contre le crime organisé au rang de priorité nationale, déployant plus de 36.000 militaires et policiers dans le pays.

La violence meurtrière au Mexique, généralement liée à la guerre entre cartels de trafiquants de drogue ou entre gangs de rue, ne cesse pourtant d'augmenter. Elle a fait plus de 3.000 morts depuis le début de l'année, dont de nombreux policiers.

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