FINANCE - AÉRONAUTIQUE

La crise financière jette Airbus dans l'incertitude

La crise financière, qui a d'abord secoué le marché américain des crédits immobiliers, pourrait avoir des répercussions de grande ampleur sur le secteur de l'aéronautique et notamment sur Airbus. Explications.

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La crise financière qui secoue Wall Street et les marchés financiers mondiaux semble bien loin pour les salariés d’Airbus travaillant à Toulouse et à Hambourg.

Mais la crise du crédit devrait durement frapper le constructeur aéronautique européen. Pour preuve, EADS, dont Airbus est une filiale, a vu son action chuter d’environ 5 % après l’annonce, lundi, de la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers.

Quel est le rapport ?

Alors qu’aujourd’hui les banques d’affaires sont montrent moins disposées à accorder des crédits immobiliers, les compagnies aériennes doivent faire face à un défi de taille : obtenir des prêts pour se doter d’une nouvelle flotte.

Les banques sont parfaitement conscientes du fait que le secteur aérien n’est pas en bonne posture.

Le secteur souffre de la flambée des prix du carburant. Près d’une douzaine de compagnies a dû fermer dans les six derniers mois, principalement en raison de l’importante hausse des prix du pétrole.

Selon Alix Partners, spécialiste de l’aéronautique, si les prix du kérosène ne baissent pas davantage, entre 50 et 60 autres compagnies aériennes pourraient mettre un terme à leur activité dans l’année à venir.

Et même si de nombreuses compagnies basées en Inde et en Extrême-Orient ont déjà fait des commandes à Airbus, il se pourrait qu’elles les annulent.

Les malheurs d’AIG, un casse-tête pour Airbus

Les malheurs du géant américain de l’assurance American International Group (AIG) sont le dernier nuage qui assombrit l’horizon d’Airbus. Durant les neuf derniers mois, AIG, l’un des plus gros assureurs des Etats-Unis, a perdu environ 19 milliards de dollars dans le marché des "subprimes" et essaie désespérément de lever des fonds pour rester à flots.

Le "leasing" ("crédit-bail") constitue l’une des activités les plus juteuses d’AIG qui, via sa filiale International Lease Finance Corp (ILFC), détient environ 900 avions à travers le monde, achetés à Boeing ou Airbus avant d’être loués à des compagnies aériennes qui n’ont pas les moyens de se doter elles-mêmes d’une flotte.

L’IFLC, l’un des plus importants clients d’Airbus, aurait engagé des négociations avec le constructeur aérien pour acheter plus de 100 nouveaux appareils.

Si AIG vend IFLC, cette commande pourrait être réduite à la portion congrue voire même abandonnée. Pour l’heure, EADS et Airbus ne se sont pas prononcés sur le sujet. La seule certitude est que, mondialisation oblige, la crise qui a débuté il y a 15 mois dans le secteur des prêts immobiliers américains s’est aujourd’hui insinuée dans l’aéronautique européen.

 

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