ISRAËL - POLITIQUE

Le parti Kadima se prépare pour le duel Livni-Mofaz

Le parti centriste Kadima doit voter ce mercredi pour désigner le successeur d'Ehoud Olmert à sa tête. L'actuelle ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni part favorite, devant l'ancien ministre de la Défense Shaul Mofaz.

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Le parti centriste Kadima va voter mercredi pour remplacer à sa tête Ehud Olmert, le Premier ministre israélien empêtré dans des affaires de corruption, qui laisse en plan le dossier des pourparlers de paix dans la région.

Le successeur de M. Olmert aura un triple défi à relever: obtenir l'aval d'une majorité parlementaire à un nouveau gouvernment, poursuivre les négociations avec l'Autorité palestinienne et la Syrie, et se mesurer à la menace nucléaire iranienne.

Il devra en plus faire oublier les déboires du Premier ministre sortant,  dont la police demande l'inculpation et qui ne s'est pas remis d'un rapport accablant sur les échecs de la guerre du Liban de 2006.

Favorite dans la course à la direction du parti au pouvoir, la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni semble mieux placée que l'ancien ministre de la Défense Shaul Mofaz, pour affronter par la suite le chef de la droite Benjamin Netanyahu en cas d'élections anticipées.

Un sondage publié vendredi par le Yediot Aharonot crédite Mme Livni de 47% des voix contre 32% à M. Mofaz, actuel ministre des Transports. Un autre, publié par le Maariv, lui confère 46% des voix, contre 28% à M. Mofaz.

Afin de les départager, quelque 70.000 membres inscrits du parti vont participer mercredi à des élections primaires, les premières de cette formation créé en novembre 2005 par Ariel Sharon .

Pour être élu au premier tour, le futur chef du Kadima devra dépasser la barre des 40% des suffrages exprimés, faute de quoi un deuxième tour sera organisé le 24 septembre.

Quoi qu'il en soit, Ehud Olmert a promis de démissionner de ses fonctions dès l'élection d'un nouveau leader du Kadima. Il restera cependant à la tête d'un cabinet de transition tant qu'un autre gouvernement n'aura pas été constitué.

Au sein du Kadima, Mme Livni, 50 ans, est perçue comme une pragmatique. C'est elle qui mène les négociations avec Ahmed Qoreï, le représentant de l'Autorité palestinienne, des discussions qu'elle considère comme "importantes", dans le cadre de la reprise du dialogue initiée aux Etats-Unis, à Annapolis, fin 2007, par le président George W. Bush.

"Une perte de temps", rétorque M. Mofaz, 59 ans, un "faucon" qui, dans un entretien paru vendredi dans le Yédiot Aharonot promet, s'il devient Premier ministre, de "reprendre les liquidations ciblées contre le Hamas, frapper les infrastructures à Gaza, limiter les livraisons de fuel et tarir les sources de financement du terrorisme".

Dans le même quotidien, Mme Livni affirme qu'elle ne négociera avec le Hamas qu'à condition qu'il "reconnaisse Israël, renonce au terrorisme et entérine les accords passés" avec les Palestiniens, ce que le mouvement islamiste n'est pas prêt à faire .

Même différence de ton sur le dossier du nucléaire iranien. Si M. Mofaz s'est publiquement exprimé en faveur de l'option militaire contre l'Iran s'il poursuivait son programme nucélaire, Mme Livni prône toujours un durcissement des sanctions économiques, affirmant cependant que "toutes les options sont sur la table".

Deux autres candidats, à la traîne dans les sondages, sont aussi en lice pour les primaires : Meir Shetreet, ministre de l'Intérieur, et Avi Dichter, ministre de la Sécurité intérieure

Après la démission de M. Olmert, le président Shimon Peres devrait accorder un délai d'un total de 42 jours à son successeur du Kadima pour constituer une majorité parlementaire de 61 députés sur les 120 de la Knesset.

En cas d'échec, le président pourra confier cette tâche à un autre député pour 28 jours.

Si cette nouvelle tentative échouait, des élections anticipées auraient lieu début 2009, alors que la législature actuelle doit normalement s'achever fin 2010.

Ce scrutin pourrait consacrer le grand retour du Likoud de Benjamin Netanyahu, selon les sondages d'intentions de vote .

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