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UNION EUROPÉENNE

L'UE s’attaque aux discriminations contre les Roms

4 min

Les Vingt-Sept organisent, à Bruxelles, un sommet européen consacré aux Roms et aux discriminations dont ils sont victimes, deux semaines après que l’UE a approuvé le fichage systématique des populations roms en Italie.

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FRANCE 24 a suivi le parcours d’une communauté de Roumains contraints d’évacuer leur logement dans la banlieue parisienne.

Consultez également nos autres reportages sur le sujet : Les Roms de Saint-Ouen divisés par les évacuations de bidonvilles.

 

Face aux contradictions entre les règles en matière d’immigration et les discriminations que subissent les population roms, des ONG ont appelé à une action forte, à l’occasion du sommet européen consacré aux Roms qui se tient à Bruxelles.

 

"Nous espérons qu'il ne s'agira pas d'une simple opération de relations publiques et que ce sommet enverra un message fort quant à la détermination de la Commission européenne d'œuvrer en faveur de l'inclusion sociale des Roms", a déclaré à l'AFP Nicolae Gheorghe, militant rom et ancien conseiller auprès de l'OSCE pour les questions liées à cette minorité.

 

Selon la Commission européenne, cette rencontre doit permettre aux membres de l’UE de travailler ensemble pour empêcher les discriminations contre les Roms. Selon l’Eurobaromètre, qui analyse l’opinion publique en Europe, huit personnes sur dix estiment qu’être Rom reste un désavantage aujourd’hui.

Le président de l’ONG française La Voix des Roms, Saimir Mile, un Rom albanais, estime que les fonds européens pourraient être mieux utilisés. “Il y a un peu de corruption, mais ce n’est pas le seul problème”, explique-t-il, ajoutant : “Si des fonds atterrissent dans la poche de personnes malhonnêtes, on finance aussi des activités qui ne servent à rien ou pire, augmente le racisme. ”
 

Ils se pencheront, en particulier, sur les questions d’intégration, d’accès au travail et à la scolarisation.

 
Mais de nombreux acteurs doutent de l’efficacité d’un tel sommet. “Je n’attends pas grand chose de ce sommet, mais j’espère que l’Union européenne s'impliquera fortement contre le racisme et pour l’égalité des droits, et reconnaîtra clairement le génocide tzigane", explique à FRANCE 24 Henri Braun, un avocat travaillant pour l’ONG française la Ligue des droits de l'Homme, faisant référence aux 220 000 Roms morts pendant la Seconde Guerre mondiale

 

Bien que réputés nomades, un grand nombre des huit à dix millions de Roms présents dans l’Union européenne mène une vie sédentaire. La plupart d’entre eux vivent en Europe de l’Est, en particulier en Roumanie et en Bulgarie où ils représentent 10 % de la population.

 

Les Roms, des demi-citoyens

 

Il y a seulement deux semaines, la Commission européenne a approuvé un nouvelle mesure prise par le gouvernement italien en matière d’immigration. Très controversée, cette loi vise à ficher, avec un relevé des empreintes digitales, les populations roms vivant en Italie, pour la plupart dans des camps insalubres.

 

Selon Catherine de Wenden, directrice de recherche au CNRS (CERI) et spécialiste des questions liées aux migrations internationales, ces mesures sont “à peine légales”. L’experte rappelle en effet que les citoyens européens ont le droit de se déplacer librement à l’intérieur de frontières de l’Union et qu’aucune mesure ne peut spécifiquement viser un groupe sur de simples bases ethniques.

 

Alors que le choix de l’UE a déstabilisé bon nombre de spécialistes sur les questions roms, Catherine de Wenden souligne la nature contradictoire des lois européennes en matière d’immigration, et l’impact qu’elles ont sur le mode de vie des Roms.

 

Ces mesures européennes "sont hypocrites", estime Catherine de Wenden. Depuis que la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint l’UE, fin 2006, leurs citoyens roms ont acquis le droit de voyager dans l’ensemble des pays de l’Union mais pas de s’y établir ou d’y travailler. En France, les autorités continuent de les renvoyer dans des vols financés par l’Etat, en dépit de leur citoyenneté européenne.

 

“De telles pratiques sont complètement stupides”, explique Braun. “Les enfants roms sont déscolarisés et les familles maintenues dans la précarité.”

 

Le ministère de l’Immigration français maintient néanmoins que le nombre de Roumains et de Bulgares encouragés à quitter le sol français est en baisse. En 2007, ils seraient 2 000 à avoir reçu un billet d’avion pour un retour simple.

 

ONG et spécialistes s'inquiètent

 

Alors que le cas des Roms doit être au centre des discussions au cours de ce sommet, ONG et spécialistes s’inquiètent. Prendre des mesures spécialement pour les Roms ne ferait que les stigmatiser encore plus.

 

“On les traite toujours différemment,” estime Henri Braun. “On part toujours du constat que les Roms sont un peuple à problèmes, alors qu’ils ne le sont pas.” Selon cet avocat, la question de la mise en place de politiques spécifiques aux Roms n'a aucun sens. Il faudrait bien plutôt accepter l’idée que les Roms sont des citoyens européens et s’assurer qu’ils bénéficient des mêmes droits que les autres.

Selon Saimir Mile, l’Europe devrait mieux valoriser le peuple rom. “L’UE pourrait apprendre de l’identité rom,” insiste-t-il. Pour lui, une meilleure connaissance des Roms faciliterait les efforts d’intégration à l’intérieur de l’Union.

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