CRISE FINANCIÈRE

Les marchés européens dévissent, AIG vacille

Dans la foulée des places asiatiques, les marchés européens ont ouvert à la baisse. La menace de faillite de l'assureur américain AIG, qui n'a pas su convaincre de sa bonne santé économique, pèse à présent sur le système financier.

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Les Bourses européennes poursuivaient leur chute mardi, dans le sillage des places asiatiques, alors que gouvernements et banques centrales tentent de calmer les esprits après le dépôt de bilan de Lehman Brothers et la reprise de Merrill Lynch par Bank of America.

  

A Paris, le CAC 40 a ouvert en nette baisse, cédant 1,28% à 10H15 (08H15 GMT), plus très loin des 4.100 points, proche de ses records de faiblesse depuis plus de trois ans. Lundi, l'indice vedette de la place parisienne avait abandonné 3,78%, sa quatrième plus violente chute de l'année.

  

A Francfort, première place de la zone euro, le Dax perdait 1,52% à 08H15 GMT. A Londres à la même heure, le Footsie-100 cédait 1,63%.

  

Ailleurs en Europe, toujours à 08H15 GMT, Amsterdam était en baisse de 1,91%, Athènes de 3,78%, Bruxelles de 1,90%, Copenhague de 1,83%, Helsinki de 2,00%, Lisbonne de 3,01%, Madrid de 1,00%, Milan de 1,50%, Moscou de 7,08%, Oslo de 4,27% --les pétrolières étant affectées par la baisse des cours de l'or noir, en plus des financières--, et la Bourse suisse de 1,25%.

  

"Dire que le sentiment dominant sur le marché est la peur est une énorme erreur d'évaluation: le mot +choc+ le décrirait mieux", selon Chris Weafer, analyste de la banque Uralsib.

  

Outre la situation créée par le dépôt de bilan de Lehman Brothers, les investisseurs s'inquiètent désormais du sort de l'assureur américain AIG, en grandes difficultés financières. Les valeurs bancaires et les assurances étaient, comme lundi, les plus attaquées: UBS perdait plus de 11% à la Bourse suisse, et HBOS plus de 12% à Londres, par exemple.

  

Dans le rouge, les places financières européennes n'ont fait qu'imiter leurs homologues asiatiques, qui ont toutes fermé en baisse mardi.

  

A Tokyo, deuxième place financière mondiale, l'indice Nikkei a terminé la séance sur un plongeon de 4,95%, à son plus bas niveau en plus de trois ans.

  

De son côté, la bourse de Shanghai a chuté de 4,47% en clôture, malgré la baisse des taux d'intérêt annoncée la veille par la Banque centrale chinoise.

  

L'indice Hang Seng de Hong Kong a plongé de 5,44%. A Séoul, l'indice Kospi a lui aussi dévissé, perdant 6,10% en clôture.

  

Fermées lundi en raison d'un jour férié, les places boursières de Tokyo, Shanghai, Hong Kong et Séoul avaient échappé à la tourmente qui s'était emparée des marchés boursiers mondiaux.

  

Les autres places asiatiques n'ont pas été épargnées mardi. Taïpeh a terminé en baisse de 4,89% et Manille de 4,51%. Vers 08H15 GMT, Singapour perdait 0,1,26%, Bombay 2,28%, Bangkok 3,44%, et Kuala Lumpur 1,56%. Sydney a fermé en baisse de 1,39% et le NZX néo-zélandais a terminé en chute de 2,87%.

  

Partout, les valeurs bancaires étaient les plus malmenées. A Tokyo, les titres des principales banques japonaises comme Mizuho, Mitsubishi UFJ, Sumitomo Mitsui ou Resona Holdings, dont certaines sont d'importantes créancières de Lehman Brothers, ont subi des chutes de l'ordre de 10% ou plus.

  

Le dépôt de bilan de la banque américaine "est un choc pour les participants sur les marchés d'actions et les pousse à fuir davantage les risques", a commenté Kazuhiro Takahashi, gérant chez Daiwa Securities SMBC.

  

Selon lui, les investisseurs espéraient que d'autres banques viendraient à la rescousse de Lehman Brothers ou que la Réserve fédérale ou le gouvernement américain concocterait un compromis, comme celui qui avait abouti quelques semaines plus tôt à la vente de Bear Stearns à JPMorgan pour un prix modique.

  

"Les investisseurs se sentent trahis, même si le gouvernement fédéral pense probablement qu'il a fait ce qu'il y avait de plus logique", a-t-il ajouté.

  

"Il y a vraiment de la nervosité. On s'attend à davantage de mauvaises nouvelles venues des marchés financiers américains. Le résultat d'une réunion de la Réserve fédérale américaine mardi sera crucial", a expliqué Bhaskar Kapadia, de la maison de courtage indienne Pyramid Securities.

  

La Réserve fédérale américaine (Fed) devait se réunir mardi pour décider du niveau de son principal taux d'intérêt, qu'elle devrait maintenir à 2,0%, même si les chances d'une baisse ont beaucoup gagné en crédibilité depuis l'affaire Lehman Brothers.

  

Les banques centrales du Japon et de Corée du Sud ont lancé mardi des appels au calme, promettant de faire leur possible pour assurer la stabilité des marchés.

  

La Banque du Japon a d'ailleurs injecté mardi 2.500 milliards de yens (16,7 milliards d'euros) dans le système bancaire, après des mesures similaires prises la veille par ses homologues américaine (70 milliards de dollars), européenne (30 milliards d'euros) et britannique (5 milliards de livres).

  

Lundi à Wall Street, La Bourse de New York, qui donne le ton à la planète boursière, a connu sa plus forte baisse quotidienne en points depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001. l'indice Dow Jones a chuté de 4,42% et le Nasdaq, à dominante technologique, de 3,60%.

  

Mardi, les cours du brut étaient en forte baisse dans les échanges électroniques en Asie. Dans les échanges matinaux, le prix du baril de "light sweet crude" pour livraison en octobre perdait 3,95 dollars à 91,76 dollars le baril, et le baril de pétrole Brent pour livraison en octobre reculait de 3,32 dollars à 90,92 dollars.

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