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Mugabe et Tsvangirai signent un accord historique

Le président zimbabwéen Robert Mugabe et le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai ont mis fin à cinq mois de crise politique en signant un accord de partage du pouvoir, à Harare.

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L’accord historique est entériné : le président zimbabwéen Robert Mugabe et le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai ont signé à Harare, lors d’une cérémonie officielle, un accord de partage du pouvoir. C'est la fin d'une crise politique déclenchée le 29 mars par la victoire du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) à la Chambre des députés lors des élections générales, suivie d'un déchaînement de violences et d'un second tour de la présidentielle le 27 juin, remportée par l'unique candidat Mugabe.

 

Robert Mugabe, qui déclarait le mois dernier que "seul Dieu" pouvait le déloger de sa fonction présidentielle, a, avec l'accord signé lundi, accepté que l’opposant Morgan Tsvangirai devienne Premier ministre et prenne la tête d’un Conseil des ministres restreint. Robert Mugabe restera cependant président et chef du gouvernement, et aura le mot final sur toutes les décisions prises.

 

Selon des sources concordantes, le gouvernement devrait comprendre 31 ministres, dont 16 reviendront au parti d’opposition le MDC et à ses alliés. Quinze sièges sont réservés pour le parti au pouvoir, le Zanu-PF. Selon la presse sud-africaine, le MDC hériterait des ministères de la Police, ainsi que de l’Economie et de la Diplomatie. Cependant, aucune information n’a filtré concernant deux secteurs clés : la Justice et l’Agriculture.

 

Pas de majorité absolue à la Chambre des députés

 

"Il y a des compétences communes, et c’est la fragilité de cet accord", explique Caroline Dumay, correspondante de FRANCE 24 en Afrique du Sud. "Si on regarde qui va présider le Conseil des ministres, ce sera Morgan Tsvangirai. Mais Robert Mugabe sera toujours chef de gouvernement. Morgan Tsvangirai contrôle le commandement conjoint de la police, de l’armée et des services secrets. Mais Robert Mugabe garde le contrôle l’armée. On entre dans un gouvernement à deux têtes, inspiré, dit-on ici, par le modèle français. Mais ça ne marche que si les deux têtes sont en accord parfait. Et si l’un contredit la politique de l’autre, on va droit dans une impasse."

 

La répartition des pouvoirs risque d'être d’autant plus difficile à gérer entre deux hommes qui se sont mené une bataille acharnée depuis plusieurs mois. Sans oublier que le MDC ne dispose pas de la majorité absolue à la Chambre des députés, et doit composer avec une faction dissidente menée par Arthur Mutambara, lui aussi signataire de l'accord.

 

"Ce qui est important, c’est l’image de ces deux hommes se serrant la main", commente Jean-Bernard Cadier, spécialiste de politique étrangère à FRANCE 24. Et cela compte presque plus que le contenu. Il faut rester prudent sur le fond de cet accord. Et puis, des questions centrales restent en suspens, notamment qui va diriger la Banque centrale ? L’argent est prêt, la population a faim."

 

L’Union européenne reste prudente

 

En l’absence de détails sur cet accord, la communauté internationale demeure prudente. L'Union européenne a annoncé lundi qu’elle ne lèverait pas ses sanctions contre le régime du président Robert Mugabe avant le mois prochain.

Les pays de l'UE "doivent analyser [l'accord] en détail". "Nous ne sommes pas encore sûrs de l'issue de cet accord", a souligné Javier Solana, diplomate en chef de l'Union européenne.

 

De son côté, la Grande-Bretagne s’est dit prête "sur le principe" à soutenir le nouveau gouvernement d'union nationale au Zimbabwe. Mais l'étendue de ce soutien dépendra de ses actions concrètes, a déclaré le porte-parole du Premier ministre britannique Gordon Brown.

 

Appel à l’aide internationale

 

Lors de la signature de l’accord lundi, Morgan Tsvangirai a appelé la communauté internationale à venir en aide au Zimbabwe et a engagé le gouvernement à redresser le pays, pour que "les Zimbabwéens se nourrissent à leur faim, pour que les enseignants reviennent dans les écoles, que les investisseurs entreprennent, pour que l’électricité fonctionne, que l’eau soit potable et accessible et qu’il y ait de l’essence pour faire marcher les voitures".

 

De son côté, Robert Mugabe a rendu un hommage appuyé au président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de cet accord, et a mis en garde contre toute ingérence internationale dans son pays. "Le Zimbabwe est un pays souverain, seul le peuple du Zimbabwe a le droit fondamental de le gouverner", a déclaré le chef de l'Etat, 84 ans dont 28 au pouvoir.

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