ISRAËL - PRIMAIRES

Le parti Kadima aux urnes pour la succession d'Ehoud Olmert

Les membres du parti israélien Kadima se rendent aux urnes pour élire le successeur d'Ehoud Olmert. La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni est donnée favorite dans cette course, devant l'ancien ministre de la Défense Shaul Mofaz.

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L’élection du successeur d’Ehoud Olmert à la tête de Kadima, le parti centriste au pouvoir, a commencé. Toute la journée de mercredi, les membres de la formation se sont rendus aux urnes pour choisir un remplaçant au Premier ministre, démissionnaire, en passe d’être inculpé dans une série d’affaires de corruption.

 

Les derniers sondages donnaient l’avantage à la "faiseuse de paix" Tzipi Livni avec 48 % des suffrages contre 28 % au "faucon" Shaul Mofaz.

 

Mais le camp Livni s’abstient pour l’instant de tout triomphalisme car le taux de participation pourrait avoir un effet important sur les résultats. Les partisans de la ministre des Affaires étrangères "pensent qu’un faible taux de participation pourrait favoriser Shaul Mofaz", explique Annette Young, correspondante de FRANCE 24 à Jérusalem.

 

Deux candidats que tout oppose

  

Les deux principaux candidats ne pourraient pas être plus différents. Tzipi Livni, actuelle chef de la diplomatie israélienne, surnommée "Madame Clean", est perçue comme une personne intègre. Aux yeux de nombreux membres de Kadima, elle incarne le symbole d’un réel changement qui pourrait faire oublier l’ère Ehoud Olmert émaillée de scandales.

 

Tzipi Livni défend une approche plus conciliante dans les négociations de paix avec les Palestiniens et s’est prononcée en faveur du retrait des troupes israéliennes de la plupart des territoires occupés et de Jérusalem-Est afin d’aboutir à la coexistence de deux États.

 

"Je serai pour le maintien des négociations de paix aussi longtemps que les Palestiniens le voudront aussi. Mais tout accord devra garantir la sécurité d’Israël", a déclaré l’ancien agent du Mossad à ses supporters à Haïfa.

 

Son principal rival, Shaul Mofaz, ancien chef de l’armée et ministre de la Défense, a acquis une réputation de "faucon" qui n’hésite pas à employer la manière forte face aux Palestiniens. Il a également déclaré qu’une attaque contre son Iran natal serait inévitable si le pays maintenait son programme d’armement nucléaire.

 

"Si Mofaz est élu, il risque de faire de Kadima un deuxième Likoud [parti conservateur israélien que l’ex-Premier ministre Ariel Sharon a quitté en 2005 pour fonder le Kadima] alors que si Livni est élue, elle pourrait redonner un second souffle au parti", déclare à FRANCE 24 Gil Mihaely, éditorialiste à Yediot Ahronot.

 

Une rude bataille en perspective

  

Cependant, ni l’élection de l’un ni celle de l’autre à la tête de Kadima ne devrait permettre d’éviter la crise politique. Une fois élu, le nouveau chef du parti devra former une coalition et s’assurer du soutien de 61 membres des 120 membres de la Knesset.

 

Selon Annette Young, "le scénario du lendemain de vote devrait être très intéressant" une fois que les partenaires de la coalition commenceront à négocier leur soutien. Si le nouveau patron de Kadima ne parvient pas à obtenir la majorité à la Knesset, l’organisation d’élections législatives, probablement en mars 2009, sera inévitable. Dans ce cas, Ehoud Olmert resterait Premier ministre en intérim jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.

 

Fondé en 2005 par l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, Kadima ne compte que 74 000 membres et ne dispose que d’un quart des sièges à la Knesset. La bataille pour le pouvoir pourrait donc s’avérer difficile pour lui.
 

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