SUISSE - FOURRURE

Le gouvernement veut interdire le commerce de peaux de chats

La ministre de l’Economie, Doris Leuthard, a annoncé qu'elle proposerait un projet de loi visant l’interdiction de la vente de peaux de chats. La Suisse était jusqu'à présent le seul pays européen à autoriser ce commerce.

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Le commerce et l'exportation de peaux de chats pourront être interdits en Suisse, selon la ministre de l’Economie. Jeudi, Doris Leuthard a assuré le Conseil des Etats [le Sénat suisse, ndlr] que le Conseil Fédéral proposera un projet de loi visant l’arrêt de ce commerce, dont seule l’importation est actuellement interdite.

 

La Suisse demeure le seul pays en Europe à permettre le commerce de peaux de chats, qui a récemment été visé par les militants des droits des animaux. Les chasseurs et les agriculteurs autorisés à le faire ont le droit de tuer les chats sauvages ainsi que les chats domestiques qui sont à plus de 200 mètres de leur domicile. S'il y a une demande de peaux de chats, c'est qu'on leur prête des propriétés apaisantes pour les rhumatismes.

 

Campagne très médiatisée

 

Selon l’Office fédéral vétérinaire, le commerce ne serait pas répandu. Les autorités sont au courant de "quelques dizaines de peaux vendues chaque année" a précisé Marcel Falk, un porte-parole de l'Office. Un nombre disputé par les associations des droits des animaux, qui croient à un taux nettement plus élevé.

 

Tomi Tomek, la cofondatrice de l’association SOS Chats, a créée une campagne très médiatisée pour que les choses changent. "Cette loi sera adoptée, elle a beaucoup de soutien", a-t -elle déclaré après avoir déposé une pétition réclamant beaucoup plus qu’un tour de vis dans la loi existante. 273 000 signatures ont maintenant été recoltées, dont celle de l'ancien pilote de F1 Michael Schumacher.

 

Enquête en caméra cachée

 

Tomi Tomek a mené une enquête en camera cachée pour la télévision suisse afin de prouver l’existence du commerce des peaux de chats. "On a trouvé 22 tanneries qui nous ont affirmé qu’ils préparaient les peaux de chats , pour la plupart dans la Suisse alémanique." En se faisant passer pour une cliente, elle trouvait des peaux disponibles à la vente même si les magasins se montraient réticents à le dire ouvertement. La militante a longtemps été au courant de ce commerce, mais, sans aucune preuve, ne trouvait pas de soutien pour une révision de la loi. Des photos prises par deux membres de son association et montrant des peaux dans un magasin à Bienne a permis le lancement de cette campagne.

 

Les pétitions de plus de 100 000 signatures en Suisse entraînent automatiquement un référendum. Une fois le projet de loi élaboré par le Conseil Fédéral, ce sera au peuple suisse de donner son avis.

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