ITALIE

Le maire de Rome s'attaque à la prostitution

Les prostituées et leurs clients à Rome devraient dorénavant être passibles d'une amende. Le décret du nouveau maire de la capitale italienne, Gianni Alemanno, devrait être suivi d'une loi nationale, avec des amendes de 200 à 13 000 euros.

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De premières amendes, une vingtaine au total, ont été infligées à des prostituées et à leurs clients à Rome avec l'entrée en vigueur mardi d'un décret du nouveau maire de droite qui interdit la prostitution dans la rue, rapporte mercredi la presse italienne.

Dix-sept prostituées et trois clients ont été condamnés à une amende de 200 euros chacun.

Les prostituées, essentiellement roumaines, ont déclaré aux policiers municipaux qu'elles n'avaient pas l'intention de payer, affirme le Corriere della Sera.

Le premier client sanctionné, un mécanicien italien de 23 ans, a assuré qu'il n'était pas au courant de ce décret et qu'"il ne voterait plus pour Gianni Alemanno", le maire de la capitale élu au printemps.

Un syndicat de policiers, le Sulpm, a immédiatement critiqué ce décret, soulignant qu'il serait très difficile de faire payer des prostituées, généralement sans domicile fixe.

M. Alemanno a précisé que son décret serait en vigueur jusqu'au 31 janvier 2009, date à laquelle une loi nationale réprimant la prostitution, dont le projet a été adopté en Conseil des ministres il y a une semaine, sera vraisemblablement définitivement adoptée par le Parlement.

Ce projet propose de sanctionner par 5 à 15 jours de prison et 200 à 13.000 euros d'amende "toute personne exerçant la prostitution ou en profitant (les proxénètes, les clients, ndlr) dans des lieux publics".

Un haut magistrat a dénoncé ce projet, jugeant inutile de créer de nouveaux délits si ces derniers n'ont aucune chance d'être sanctionnés.

"Techniquement il sera impossible d'organiser un procès en raison des garanties dont bénéficie l'inculpé qui pourrait faire traîner à l'infini la procédure par exemple avec des documents judiciaires qui devraient être déposés à l'étranger.

En outre, même en cas de procès, la prostituée serait confiée à des services sociaux, aucun juge ne l'enverrait en prison", a commenté le procureur du tribunal de Trente (nord), Stefano Dragone, cité par l'agence Ansa.

Selon les estimations des associations, 50.000 à 70.000 personnes -dont le tiers seraient des étrangers- se prostituent en Italie. 65% de ces "travailleurs du sexe" exercent dans la rue et 20% seraient mineurs.
 

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