CRISE GÉORGIENNE

L'OSCE n'enverra pas plus d'observateurs en Géorgie

Les membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n'ont pas obtenu de consensus quant à l'envoi d'observateurs supplémentaires en Géorgie, Moscou s'opposant à leur zone de déploiement.

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L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a annoncé jeudi renoncer à ce stade à envoyer des observateurs supplémentaires en Géorgie, en raison de désaccords persistants avec Moscou sur leur zone de déploiement.

"Nous n'avons pas obtenu de consensus sur la question des observateurs malgré un mois de négociations", a déclaré, à l'issue d'une réunion à Vienne du Conseil permanent de l'organisation, l'ambassadeur de Finlande Artti Turunen, dont le pays préside l'OSCE en 2008.

L'OSCE comptait déjà huit observateurs en Géorgie avant le conflit autour de l'Ossétie du Sud et souhaitait envoyer 80 observateurs non armés supplémentaires, en plus du contingent de 20 hommes déployé fin août.

Mais "l'un des points d'achoppement a été la zone de responsabilité (pour les observateurs, ndlr), qui excluait l'Ossétie du Sud", a souligné M. Turunen.

Moscou acceptait un déploiement supplémentaire en Géorgie, mais à la condition que les observateurs soient privés d'accès à l'Ossétie du Sud, territoire séparatiste pro-russe de Géorgie, contrairement aux souhaits de l'OSCE.

"Nous avons exploré toutes les voies diplomatiques ici" à l'OSCE, une organisation des 56 Etats membres fonctionnant par consensus, a indiqué M. Turunen, en soulignant attendre désormais une initiative des capitales.

Le délégué géorgien, Paata Gaprindashvili, a regretté cette impasse, affirmant que "80% des propositions russes avaient été acceptées".

Le ministère russe des Affaires étrangères a exprimé son "inquiétude" après la décision de l'OSCE.

"Le refus de certains de nos partenaires de l'OSCE de continuer des négociations sur les modalités du travail des observateurs supplémentaires de la mission de l'OSCE en Géorgie suscite une certaine inquiétude", a affirmé le porte-parole du ministère russe, Andreï Nesterenko, cité par l'agence Interfax.

"Malheureusement, certains de nos partenaires ont choisi de s'écarter des accords existants", a ajouté M. Nesterenko.

L'ambassadeur de Russie auprès de l'OSCE, Anvar Azimov, s'est quant à lui dit prêt à "poursuivre le dialogue", ajoutant que pour toutes questions sur l'Ossétie du Sud, dont Moscou a reconnu l'indépendance, il fallait négocier directement avec Tskhinvali (bien Tskhinvali).

M. Azimov a par ailleurs assuré que la Russie, qui a affirmé avoir déjà évacué 250 militaires des zones bordant l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, retirerait comme convenu ses "300 soldats restants" d'ici au 10 octobre, après le déploiement de la mission de l'Union européenne le 1er octobre.

"Il serait souhaitable qu'après cette date, l'OSCE observe le retour dans leurs bases des troupes géorgiennes et les conditions du maintien de l'ordre" dans les zones qui seront évacuées par les Russes, a-t-il déclaré.

Selon le ministère géorgien de l'Intérieur, 1.200 soldats russes étaient présents en Géorgie, hors Ossétie du Sud et Abkhazie, autre territoire séparatiste, au 15 septembre.

La Russie a signé mercredi des accords qui lui permettront d'installer des bases militaires en Abkhazie et Ossétie du Sud, où elle dispose déjà de 4.000 soldats. Un accord aussitôt dénoncé par Tbilissi comme une "annexion" de ses territoires séparatistes.
   

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