CINÉMA

Madonna passe derrière la caméra

On connaissait la Madonna chanteuse, la Madonna actrice, et la voici réalisatrice. La Madone passe pour la première fois derrière la caméra avec "Obscénité et vertu", un long-métrage évoquant la vie de prétendus artistes à Londres.

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La chanteuse pop américaine Madonna s'est inspirée de ses débuts difficiles, il y a trente ans, pour le film "Filth and wisdom" sa première réalisation, maladroite, qui mêle dans une surenchère outrancière musique, sexe, quête de spiritualité et course à l'argent.

Madonna a coécrit avec Dan Cadan, réalisé et produit cette fiction d'une heure et 21 minutes, qui sort mercredi et dans laquelle elle n'apparaît pas.

"Filth and wisdom" (littéralement obscénité et sagesse) dépeint, aujourd'hui à Londres, la vie de pseudo-artistes, dont le plus marquant est un immigré ukrainien, Andrly Krystiyan ou "AK" (Eugene Hutz), être fantasque et violent, interprété par le chanteur du groupe de musique punk tsigane, Gogol Bordello.

Narrateur du film, il assène au spectateur, face à la caméra et assis dans une baignoire en buvant du whisky, sa morale philosophico-mercantile.

"La dualité est partout, l'obscénité et la sagesse sont les deux faces d'une même pièce de monnaie", martèle AK, livre à la main.

Joignant l'acte à la parole, il assouvit les fantasmes sado-masochistes d'hommes mûrs qui le paient pour être cravachés, chevauchés, réprimandés par une institutrice ou un sosie de Margaret Thatcher, dans des saynètes érotiques.

Car "la route du succès est pavée d'humiliations", affirme AK, ce qu'illustre le parcours de sa fiancée Holly (Holly Weston).

Danseuse classique au chômage, celle-ci surmonte sa pudeur en faisant de sa plastique parfaite son gagne-pain: elle sera strip-teaseuse dans un cabaret.

Son moment de gloire dans le film est une brève danse érotique sur "Hit me Baby one more time" le tube de Britney Spears - que Madonna avait embrassée sur la bouche en direct aux MTV Awards, en signe d'admiration.

Mais les êtres humains sont en quête d'amour et de spiritualité même lorsqu'ils se roulent dans la fange, nous dit Madonna, ce que démontre Juliette (Vicky Mclure), une pharmacienne idéaliste obsédée par la faim en Afrique.

Lasse d'avaler des antidépresseurs, Juliette part, billet d'avion en poche, faire le bien au service d'une ONG.

De son côté, le Britannique Richard E.Grant campe une caricature d'intellectuel; un écrivain aveugle, homosexuel refoulé, en pleine dépression nerveuse, qui pleure en caressant les rayonnages de sa bibliothèque, sur fond de musique classique.

Productrice exécutive, Madonna est apparue devant la caméra dans de nombreux films - "Ombres et brouillard" de Woody Allen, "Evita" d'Alan Parker.. - depuis "Recherche Susan désespérément" de Susan Seidelman en 1985, sans rencontrer le succès comme actrice.

"L'un des thèmes de mon film est la lutte pour la survie, et si je regarde en arrière, au début de ma carrière, je me souviens de ces moments de bagarre comme si c'était hier", avait affirmé Madonna à la presse au festival de Berlin, où le film était montré hors compétition, en février.

"Il y a trente ans, le bonheur pour moi cela signifiait me nourrir, avoir un toit au-dessus de la tête, survivre à New York et faire entendre ma voix".

"Comme mes deux héroïnes, je me bats avec la dualité de la vie, je vacille entre la lumière et les ténèbres", avait ajouté la chanteuse, qui a vendu plus de 200 millions d'albums dans le monde depuis le milieu des années 1980.

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