ITALIE - ALITALIA

Les syndicats sommés de se prononcer sur l'offre de reprise

Les neufs syndicats d'Alitalia, très divisés, ont été mis en demeure d'accepter ou de refuser l'offre de reprise de la Compagnie aérienne italienne (CAI). Sans l'accord des syndicats, la CAI devrait retirer son offre.

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Convoqués mercredi par le gouvernement italien pour une rencontre décisive avec les repreneurs, les neuf syndicats d'Alitalia, toujours aussi divisés, ont été placés au pied du mur face à l'offre de reprise à laquelle ils doivent donner une réponse avant jeudi après-midi.

La réunion au Palais Chigi, siège du gouvernement, n'a pas semblé faire évoluer les positions: les confédérations syndicales CISL et UGL ont donné leur accord au plan de sauvetage de la compagnie et l'UIL a indiqué qu'elle était prête à le faire, à l'issue de la rencontre de près de trois heures.

En revanche, la première centrale syndicale du pays, la CGIL, plus à gauche, pourrait dire non "si rien ne change", selon son secrétaire national, Fabrizio Solari, tandis que les syndicats de pilotes et de personnels navigants sont toujours très réticents.

"Nous n'avons pas encore toutes les cartes en main", a jugé le président du syndicat d'hôtesses et de stewards Anpav, Massimo Muccioli, qui a besoin d'"une réflexion sérieuse pour pouvoir réussir demain à faire un choix".

L'offre de reprise "qui est faible, nous laisse très dubitatifs", a renchéri Massimo Notaro, le président du syndicat de pilotes Up.

Les syndicats sont sommés de donner leur réponse avant une réunion cruciale jeudi de la Compagnie aérienne italienne (Cai), l'alliance des entrepreneurs italiens disposés à reprendre les activités de transport de passagers d'Alitalia, prévue à 16h00 (14h00 GMT).

Celle-ci a lié le maintien de son offre à l'approbation des syndicats et annoncera sa décision au cours de cette réunion.

Le gouvernement qui avait convoqué cette réunion à la demande de Roberto Colaninno, le président de la Cai, a tout de même affiché son optimisme.

"J'étais et je reste confiant. Personne aujourd'hui n'a dit non", a commenté le ministre des Transports Altero Matteoli.

Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, très opposé à l'offre de rachat d'Air France-KLM rejetée par les syndicats en avril, s'était engagé à trouver des repreneurs italiens, au nom de la défense de l'"italianité".

Par ailleurs, une centaine de vols de la compagnie, dont cinquante en provenance ou à destination de Rome, ont été annulés au cours de la journée, en raison d'une grève d'un syndicat minoritaire opposé aux modalités de la privatisation.

Un millier de personnes ont également manifesté à l'aéroport de Rome-Fiumicino en soutien à cette grève, a constaté l'AFP.

Au cours de la réunion au palais Chigi, M. Colaninno, qui est aussi PDG du fabricant de scooters Piaggio, a présenté une dernière fois le plan de sauvetage. Les repreneurs, qui sont prêts à mettre un milliard d'euros sur la table, prévoient de conserver 12.500 salariés et de supprimer 3.250 postes.

La Cai est prête à accepter de ne pas toucher aux salaires, mais à condition que la durée de travail et la productivité soient augmentées, a expliqué son administrateur, Rocco Sabelli.

Les quatre grandes confédérations syndicales avaient déjà signé seules dans la nuit de dimanche à lundi l'accord-cadre sur le sauvetage de la compagnie proposé par la Cai, rejeté par les syndicats de pilotes et de personnel navigant.

Si le plan est accepté, Alitalia devrait ensuite nouer une alliance avec une compagnie étrangère qui pourrait prendre une participation minoritaire à son capital.

Air France, British Airways et Lufthansa sont intéressées, a indiqué mercredi le ministre du Travail, Maurizio Sacconi.

Détenue à 49,9% par l'Etat, Alitalia, insolvable, a été placée fin août sous administration extraordinaire. La compagnie, qui ne pourra bientôt plus payer son carburant, se rapproche chaque jour un peu plus de la faillite.
 

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