LUTTE CONTRE LES TALIBAN

Tension après les frappes américaines au Pakistan

Alors que le chef de l'état major américain assurait à son homologue pakistanais que les Etats-Unis respecteraient la souveraineté du Pakistan, Islamabad soutient n'avoir pas été prévenue des frappes menées hier.

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Les Etats-Unis n'ont pas averti le Pakistan qu'ils allaient tirer des missiles contre un repaire d'insurgés islamistes, alors même que quelques heures plus tôt l'état-major américain assurait que Washington respecterait la souveraineté du Pakistan, a déclaré jeudi le ministre pakistanais des Affaires étrangères

La Maison blanche a annoncé que le président George Bush rencontrerait le président pakistanais, Asif Ali Zardari, en marge de l'Assemblée générale de l'Onu, mardi à New York.

 

"Les deux dirigeants évoqueront les efforts pour améliorer les relations bilatérales et bâtir un partenariat à long terme, fondé sur des valeurs communes", a déclaré Dana Perino, porte-parole de la Maison blanche, précisant qu'ils se concentreraient notamment sur la lutte contre le terrorisme.

 

Confrontée à une recrudescence de la rébellion des taliban en Afghanistan, l'armée américaine a accru ses attaques contre les islamistes armés au Pakistan.

Elle a envoyé à six reprises ce mois-ci des drones tirer des missiles et a mené même une attaque terrestre, avec des fantassins débarqués par hélicoptère.

 

"Nous n'avons pas été informés", a déclaré le chef de la diplomatie pakistanaise, Shah Mehmood Qureshi.

 

Quelques heures avant les tirs de missiles de mercredi, l'amiral Mike Mullen, chef de l'état-major interarmes américain, avait garanti au numéro un de l'armée pakistanaise, le général Ashfaq Khan, et au Premier ministre Yousaf Raza Gilani, que les Etats-Unis respecteraient la souveraineté du Pakistan. "Si, ayant dit cela, une attaque a été menée un peu plus tard dans la soirée, cela veut dire qu'il y a une forme ou une autre de dysfonctionnement institutionnel de leur côté et si tel est le cas, il faudra qu'ils y remédient", a ajouté Qureshi.

 

Selon lui, de tels raids n'améliorent pas la situation et sont improductifs.

Le raid américain de mercredi soir a visé un dépôt de munitions et d'explosifs, a dit un responsable pakistanais. Quatre missiles ont été tirés par un drone contre un camp islamiste. Trois des cinq morts sont des Arabes, a déclaré un responsable des services de renseignements pakistanais, sous le sceau de l'anonymat.

 

 

 

FEU VERT DE BUSH A UNE ATTAQUE AU SOL

 

Le nouveau gouvernement s'est engagé à soutenir l'effort de guerre entrepris par les Etats-Unis en Afghanistan contre les rebelles islamistes, même si l'appui d'Islamabad est profondément impopulaire dans une large frange de la population pakistanaise.

 

La colère contre les incursions américaines et les tensions avec Washington ont alimenté l'inquiétude des marchés financiers pakistanais. La roupie s'est affaiblie jeudi face au billet vert, à 77,72 pour un dollar, du fait des turbulences financières mondiales mais aussi des inquiétudes liées aux tensions avec les Etats-Unis, ont déclaré des traders.

 

La perspective de tensions avec le plus important donateur d'aide bilatérale au Pakistan perturbe les marchés en raison de la nécessité qu'a Islamabad de constituer des réserves en devises étrangères, ajoutent les traders.

 

Sous l'ancien président Pervez Musharraf, le Pakistan avait donné son aval aux forces américaines pour tirer des missiles contre des repaires islamistes, à condition qu'Islamabad en soit informé à l'avance. On pense en revanche qu'il n'existait aucun accord concernant l'engagement de troupes américaines au sol, comme cela est arrivé le 3 septembre dans la région du Sud-Waziristan.

 

George Bush avait approuvé l'opération du 3 septembre sans avoir reçu le feu vert d'Islamabad, dit-on de source autorisée et de source proche du dossier à Washington. (Version française Eric Faye)

 

 


 

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