ISRAËL

Victoire serrée de Tzipi Livni aux primaires de Kadima

La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni a remporté, de justesse, les primaires de Kadima. Donnée largement gagnante par les sondages de sortie des urnes, elle n'a finalement bénéficié que de 431 voix d'avance sur son rival Shaul Mofaz.

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Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères israélienne, a été élue à la tête du parti Kadima, avec une légère avance. Elle a obtenu 43,1 % des suffrages, son rival Shaul Mofaz 42 %.

 

Après cette victoire, Livni est potentiellement en mesure de succéder à Ehoud Olmert au poste de Premier ministre.

 

Son accession à cette fonction dépend de sa capacité à former un gouvernement de coalition, dont l’échéance a été fixée à début novembre. Mais si Livni échoue, son destin sera scellé lors d’une élection générale. Selon les sondages, si ce cas de figure se présentait aujourd’hui, elle serait battue par l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahou.

 

Certains analystes s’inquiètent déjà du fait que Livni est mal préparée aux difficultés qui l’attendent. Pour Joav Toker, un professeur à l’Ecole américaine des Hautes études de relations internationales et de diplomatie, ‘’elle peut tout à fait devenir Premier ministre. Par contre, si j’avais à parier sur sa capacité à gouverner sur le long-terme, avec un agenda important, la probabilité ne serait que d’une sur trois.’’

 

Le chef de Kadima n’est pas nécessairement le futur Premier ministre

 

La victoire de la politicienne tombe à un moment particulièrement difficile pour le parti Kadima.

 

Son prédécesseur, Ehoud Olmert, a été assailli par des demandes en faveur de sa démission. La mauvaise gestion de la deuxième guerre du Liban, en 2006, en était l’une des principales raisons. Plus récemment, des soupçons de corruption à l’encontre Ehoud Olmert ont entaché l’image du parti Kadima.

 

Selon des analystes, la position actuelle de Livni, qui en fait le successeur supposé du Premier ministre, ne garantit en réalité pas qu’elle puisse accéder à ce poste. Sa capacité à créer le consensus au sein d’un système de coalition comprenant douze parties est donc déterminante.

 

Son acuité politique ne lui sera que de maigre secours. ‘’Bizarrement, il est plus facile de gérer le ministère des Affaires étrangères d’Israël que de s’occuper des membres de la Knesset. Il faut qu’elle réussisse à transformer sa victoire dans le parti Kadima en une victoire globale’’, précise Joav Toker.

 

Aucun scandale n’entache la candidature de Tzipi Livni

 

Livni possède une solide réputation d’incorruptible. Et comme aucun scandale n’a jusqu’ici entaché sa carrière, Tzipi Livni se trouve même affublée du sobriquet de ‘’Mme Propre’’.

 

Pourtant, cela ne l’a pas empêché de servir dans les services secrets israéliens, le Mossad, pendant deux ans.

 

Le Mossad s’est fait une réputation dans la chasse et l’exécution des ennemis d’Etat d’Israël. En revanche, relève Joav Toker, Livni a vraisemblablement travaillé en tant que fonctionnaire, sans liaison avec la politique d’assassinats ciblés.

 

Le personnage de ‘’Mme Propre’’ est-il compatible avec l’image populaire la désignant en ‘’Nikita’’ israélienne ?

 

D’après Joav Toker, il n’y a aucune contradiction. ‘’Etre associé avec le Mossad n’a rien à voir avec le fait d’être associé avec la CIA pour un candidat du Sénat aux Etats-Unis. Le Mossad possède même une connotation positive. Le Mossad travaille dans le secret, et la presse respecte cette discrétion.’'

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