CRISE FINANCIÈRE

Bush affirme la nécessité d'agir immédiatement

Alors que Wall Street est montée en flèche vendredi avant de s'essouffler quarante minutes après l'ouverture, le président George W. Bush a souligné la nécessité d'agir rapidement et déclaré que les Américains devaient garder confiance.

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Les Américains doivent garder confiance dans l'avenir de leur économie sur le long terme, a déclaré vendredi le président George W. Bush, alors que le pays traverse sa plus grave crise financière depuis des décennies.

"A terme, les Américains ont de bonnes raisons de garder confiance dans la solidité de notre économie (...) Ce pays est le meilleur endroit du monde pour investir et faire des affaires", a déclaré M. Bush, alors que son administration et le Congrès travaille à un gigantesque plan de sauvetage du secteur financier.

 

Euphorie sur les marchés grâce au plan de sauvetage américain

 

L'annonce d'un plan de sauvetage du secteur bancaire américain de plusieurs centaines de milliards de dollars a rassuré les milieux financiers et fait s'envoler vendredi les Bourses dans l'espoir que les risques de faillites soient désormais écartés.

Les investisseurs saluaient également la décision des gendarmes boursiers américain et britannique d'interdire les ventes à découvert d'actions de sociétés financières.

Les principaux indices boursiers européens gagnaient entre 6 et 7% en milieu d'après-midi, des progressions que ces marchés ont rarement connu dans leur histoire sur une seule séance.

Auparavant, l'Asie avait également été gagnée par l'euphorie avec des hausses de près de 10% à Shanghai et Hong Kong.

La progression était plus modérée en début de séance à Wall Street ou l'indice Dow Jones gagnait environ 3%.

Les détails du plan américain, dont le principe a été annoncé jeudi soir, ne sont pas encore connus mais les marchés tablent sur la création d'un fonds spécial qui reprendrait les créances les plus mauvaises pour les apurer de manière ordonnée.

Le secrétaire au Trésor Henry Paulson et le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke ont promis d'y travailler "durant tout le week-end" en liaison avec le Congrès.

"Nous parlons de centaines de milliards", a indiqué M. Paulson vendredi, interrogé lors d'une conférence de presse sur le coût prévisionnel des mesures discutées. "Il faut que cela soit suffisamment gros pour faire une vraie différence et aller au coeur du problème", a-t-il ajouté.

Le président George W. Bush a confirmé l'ampleur du projet : "Ces mesures réclament que nous engagions un montant considérable sur les dollars du contribuable", a-t-il dit. Cela "comporte des risques", a-t-il admis.

Selon le Trésor, il s'agit de "s'attaquer au problème des actifs non liquides dans les bilans des banques, qui sont la source profonde des tensions actuelles dans nos institutions financières et les marchés financiers".

Autre initiative qui a rassuré la Bourse, le régulateur boursier américain, la Securities and Exchange Commission (SEC) et sa consoeur britannique, la Financial Services Authority (FSA) ont annoncé l'interdiction temporaire avec effet immédiat, des ventes à découvert sur les valeurs financières.

La vente à découvert, pratiquée beaucoup par les fonds spéculatifs, consiste à emprunter une action dont on pense que le prix va baisser et à la vendre aussitôt avec l'espoir d'empocher une forte différence. Cette technique précipite souvent la chute du cours.

L'annonce du plan d'urgence des pouvoirs publics américains a eu beaucoup plus d'effet que celle, jeudi, d'une nouvelle injection de liquidités de 180 milliards de dollars de la part de la Réserve fédérale américaine en liaison avec d'autres grandes banques centrales pour soulager un système bancaire bloqué par la méfiance générale.

L'objectif du plan en préparation à Washington est de débarrasser les banques de leurs actifs devenus invendables, accumulés durant les années d'euphorie au prix de techniques aussi complexes qu'opaques.

La méthode pourrait s'inspirer du Resolution Trust Corporation créé dans les années 80 pour secourir de centaines de caisses d'épargne américaines en difficultés.

Du côté des banques d'affaires américaines, cibles de spéculations boursières de ces derniers jours, après le dépôt de bilan de Lehman Brothers et la vente précipitée de Merrill Lynch, l'attention reste concentrée sur Morgan Stanley.

Après la rumeur d'une possible absorption par la banque américaine Wachovia, les yeux se tournent vers la Chine. Selon le Financial Times, Morgan Stanley est en discussions avec le fonds souverain chinois CIC, à qui elle souhaite vendre jusqu'à 49% de son capital.

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