GÉORGIE

Condoleezza Rice critique sévèrement la Russie

Lors d'un discours à Washington, la secrétaire d'Etat américaine a accusé la Russie d'être de plus en plus "agressive". Elle a ajouté que la candidature du pays à l'OMC et son adhésion à l'OCDE "étaient remises en cause".

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La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a accusé jeudi la Russie d'être de plus en plus "autoritaire" et "agressive", appelant les Européens à l'unité pour l'empêcher de "tirer un quelconque bénéfice de son agression" en Géorgie.

Les actions de la Russie en Géorgie "correspondent à une détérioration de son comportement depuis quelques années", a déclaré Mme Rice dans un discours devant les membres du centre de réflexion German Marshall Fund à Washington.

"Le tableau qui se dégage de ce comportement est celui d'une Russie de plus en plus autoritaire dans le pays et agressive à l'étranger", a ajouté la chef de la diplomatie américaine.

"La candidature de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) est maintenant remise en cause. Son adhésion à l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) l'est aussi", a-t-elle poursuivi.

Les pays membres de l'OMC se sont réunis jeudi pour discuter de l'adhésion de la Russie à l'organisation, mais ils ont remis leurs discussions à novembre sans avoir abordé le sujet, a-t-on appris de source proche des négociations.

Reconnaissant apparemment des divergences avec certains pays européens sur ces points, Mme Rice a appelé les Occidentaux à faire preuve de "détermination et d'unité".

"Nous ne pouvons nous permettre de donner raison aux préjugés apparents de certains dirigeants russes, qui pensent que si on fait suffisamment pression sur certains pays, si on les intimide, on les menace et on les frappe, ils vont céder, oublier et finir par s'incliner", a-t-elle prévenu.

"Les Etats-Unis et l'Europe ne doivent pas laisser la Russie tirer un quelconque bénéfice de son agression. Ni en Géorgie ni ailleurs", a-t-elle prévenu.

"Notre objectif stratégique est maintenant de dire clairement aux dirigeants russes que leurs choix les placent sur une voie à sens unique: celle de l'isolement volontaire et de l'insignifiance dans le monde".

Cette stratégie américaine d'isolement diplomatique de la Russie rencontre des résistances en Europe, où plusieurs pays dépendent largement du gaz russe.

Alors que plusieurs responsables américains n'ont pas caché ces dernières semaines leur espoir de voir la Russie expulsée du G8, l'Italie, qui présidera le groupe des huit pays les plus industrialisés en 2009, a prévenu que la Russie serait invitée au sommet de l'organisation en mai sur l'île de La Maddalena.

Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a fait savoir la semaine dernière qu'il n'entendait pas laisser la crise en Géorgie déboucher sur une nouvelle Guerre froide.

Mme Rice a reconnu que les Etats-Unis continueraient à coopérer, "par nécessité", avec la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, sur des dossiers internationaux clés comme les programmes nucléaires iranien et nord-coréen. "Mais ce serait vraiment dommage si notre relation bilatérale allait au-delà", a-t-elle ajouté.

Le président russe, Dmitri Medvedev, a adopté un ton conciliant jeudi, appelant à ne pas "gaspiller" le potentiel des relations russo-américaines par des problèmes "mineurs" qui font renaître "les stéréotypes du passé".

"Les relations avec les Etats-Unis restent parmi les priorités de la politique extérieure russe et définissent en grande partie l'ambiance dans le monde", a ajouté M. Medvedev.
 

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