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SOUDAN

La France prête à lâcher du lest si Khartoum fait un effort sur le Darfour

3 min

La France pourrait suspendre la procédure contre le président soudanais Omar el-Béchir, accusé par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de "génocide", si Khartoum fait "geste" de bonne volonté sur le dossier du Darfour.

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La France a ouvert la porte vendredi à une éventuelle suspension de la procédure contre le président soudanais Omar el-Béchir, accusé par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de "génocide", en échange de "gestes" de bonne volonté sur le dossier du Darfour.

Alors que la CPI doit se prononcer dans les prochaines semaines sur un mandat d'arrêt contre M. Béchir, Paris a indiqué ne pas être hostile à un compromis, sans préciser clairement les termes de la négociation.

"Ce que nous souhaitons, c'est relancer la recherche, par le dialogue, d'un règlement de paix" au Darfour, a-t-on indiqué à la présidence française.

"Si ce dialogue se renoue, s'engage dans de bonnes conditions, progresse bien, si le gouvernement soudanais fait des gestes en direction de la CPI, alors cela aurait du sens de réfléchir à la façon dont le Conseil de sécurité pourrait tenir compte de cette nouvelle situation", a-t-on ajouté.

D'après les statuts de la CPI, le Conseil de sécurité de l'Onu peut décréter un gel de 12 mois renouvelables des enquêtes ou poursuites initiées par la cour. L'Union africaine a déjà annoncé son intention de demander ce report à l'occasion de l'assemblée générale de l'Onu la semaine prochaine.

Le "geste" attendu par Paris concerne notamment les deux autres responsables soudanais pour lesquels des mandats d'arrêt ont déjà été délivrés en 2007 par la CPI. Khartoum a toujours refusé de livrer à la justice internationale Ahmed Haroun, ministre aux Affaires humanitaires, et Ali Kosheib, un chef de milice, réclamés par la CPI pour leur rôle dans les crimes au Darfour.

Le ministère français des Affaires étrangères a exigé vendredi du Soudan "le respect des décisions déjà prises par la CPI" concernant ces deux hommes.

Mais des ONG ont évoqué un compromis qui laisserait Khartoum juger lui-même les deux accusés et se sont inquiétées d'une "parodie de justice", dans une lettre ouverte au président français Nicolas Sarkozy.

En outre, selon Clément Boursin, d'Acat-France (action des chrétiens pour l'abolition de la torture), Paris chercherait à obtenir des assurances sur la fin des combats au Darfour, la reprise de négociations politiques, la normalisation des relations entre le Soudan et le Tchad, et le déploiement de la force de l'Onu au Darfour.

"C'est toujours le débat très difficile, éternel, qui se pose aux gouvernements. Quelle est la priorité qu'on souhaite atteindre ? Est-ce que c'est arrêter une guerre, mettre fin à des tueries, sauver des vies humaines, ou est-ce que c'est faire passer la justice à travers la CPI ? Nous, on a choisi plutôt d'arrêter la guerre au Darfour, si on le peut", a-t-on indiqué à l'Elysée.

La résolution du conflit au Darfour était l'un des engagements de campagne de M. Sarkozy.

Dans leur lettre ouverte, cinq ONG ont estimé qu'un compromis avec Khartoum "porterait un coup majeur à la crédibilité et aux capacités dissuasives de la justice pénale internationale".

"Khartoum a certes des moyens de pression, notamment avec les milliers de soldats de l'Onu déployés sur son sol, mais il ne faut pas céder au chantage du gouvernement soudanais", a déclaré M. Boursin. "Le fonctionnement de la justice internationale est indispensable. L'impunité n'amènera pas la paix au Darfour", a-t-il ajouté.

Le conflit dans cette province occidentale du Soudan où s'affrontent depuis février 2003 forces gouvernementales appuyées par des milices arabes et mouvements rebelles, a fait jusqu'à 300.000 morts selon l'Onu, quelque 10.000 selon Khartoum.

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