PEINTURE

Francis Bacon s'impose à la Tate Britain

L'œuvre de Francis Bacon, peintre emblématique du XXe siècle, est exposée à la Tate Britain de Londres. C'est le plus grand vernissage jamais organisé en l'honneur de l'artiste d'origine irlandaise.

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Le musée Tate Britain de Londres accueille à partir de jeudi une rétrospective de l'oeuvre de Francis Bacon, considéré comme l'un des plus grands peintres britanniques du 20e siècle, à l'occasion du centenaire de sa naissance.

"C'est une exposition très importante. (...) Elle est pour le public du 21e siècle", a indiqué mardi Matthew Gale, lors de la présentation à la presse de l'exposition intitulée tout simplement "Francis Bacon". "Nous espérons que cette exposition aura une influence sur le long terme", a-t-il souligné.

Du 11 septembre au 4 janvier, le public va pouvoir admirer les oeuvres les plus symboliques de la carrière du peintre, ainsi que des trésors découverts dans son atelier après sa mort en 1992.

"L'une des principales caractéristiques de cette exposition est que nous avons eu accès à l'énorme quantité d'archives dont l'existence était connue mais dont l'accès n'a été possible qu'après sa mort", a expliqué Chris Stephens, l'un des commissaires de l'exposition.

Ainsi, contrairement à ce que Bacon a toujours affirmé, il a procédé pour certaines oeuvres, notamment entre 1957 et 1961, à des recherches et des esquisses avant de s'atteler à ses pinceaux.

Il conservait, et surlignait parfois de peinture, des photographies de journaux représentant le corps humain "gelé dans l'action" et s'inspirait de planches décortiquant les mouvements d'animaux et d'hommes, comme dans un combat de lutte.

Le corps humain représenté dans sa bestialité, pour mettre en exergue l'isolement de l'homme moderne, ressort tout au long de l'oeuvre de Bacon, de "Figure dans un paysage" (1945), aux maintes variantes inspirées du "Portrait du pape Innocent X" de Diego Velazquez mais également à la représentation de son amant George Dyer qui s'est suicidé en 1971.

Athée, Bacon a peint plusieurs crucifixions dont la première dès 1933, un spectre blanc se détachant sur un fond sombre, contraste avec les grands triptyques qui suivront au fil des années.

Bacon a utilisé le triptyque comme un moyen de représenter un personnage dans plusieurs poses sans perdre la notion d'isolement. A la fin de sa vie, c'est le format qu'il choisit pour les thèmes qui lui sont chers.

A partir des années 1960, Bacon trouve ses "modèles" dans son entourage, allant jusqu'à engager un photographe pour avoir des clichés de ses proches, et s'inspire d'oeuvres littéraires comme dans "Triptyque inspiré par le poème +Sweeney Agonistes+ de T.S. Eliot"(1967) et "Triptyque inspiré par l'Orestie d'Eschyle"

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