CRISE GÉORGIENNE

L'Otan dément avoir provoqué le conflit comme l'affirme Moscou

Le président russe, Dmitri Medvedev, a affirmé que l'Otan avait "provoqué" le conflit russo-géorgien. L'Otan a démenti ces accusations lors d'une réunion informelle vendredi à Londres consacrée à la crise dans le Caucase.

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L'Otan a démenti avoir provoqué le conflit russo-géorgien, comme l'en a accusé le président russe Dmitri Medvedev, après une réunion informelle de l'Alliance atlantique vendredi à Londres en partie consacrée à la crise dans le Caucase.

Le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a exprimé la "pleine solidarité" de l'Alliance à la Géorgie. Ce mini-sommet, qui avait débuté jeudi soir par un dîner des 26 ministres de la Défense, dont l'Américain Robert Gates, était le premier du genre depuis la guerre entre la Russie et la Géorgie en août.

En marge de la réunion, M. Gates et son homologue tchèque, Vlasta Parkanova, ont signé l'accord militaire SOFA (Status of Force Agreement), qui autorise le déploiement de soldats américains sur le sol tchèque dans le cadre de l'extension du bouclier antimissile américain.

Interrogé sur les propos de M. Medvedev accusant l'Otan d'avoir "provoqué" le conflit, James Appathurai, le porte-parole de M. Scheffer, a déclaré à l'AFP: "Ce que je peux dire, c'est qu'il n'y a rien de provocateur dans le fait de soutenir le développement démocratique de la Géorgie, ni dans le fait de l'aider à atteindre ses aspirations à se rapprocher de l'Alliance atlantique".

"Qu'a décidé l'Otan? Qu'a-t-elle garanti? Elle n'a fait que provoquer le conflit, c'est tout", avait auparavant lancé M. Medvedev, cité par les agences russes. Il n'avait pas précisé comment l'Otan avait, selon lui, provoqué ce conflit.

La Russie critique vivement le rapprochement entre la Géorgie, ex-république soviétique, et l'Alliance atlantique, à laquelle Tbilissi souhaite adhérer. L'Otan avait entrouvert la porte à une adhésion à terme de la Géorgie et de l'Ukraine lors du sommet de Bucarest en avril dernier.

Lors d'une conférence de presse à Londres, à la clôture de la réunion de l'Otan, M. Scheffer a, pour sa part, rappelé la "pleine solidarité" de l'Alliance à l'égard du peuple et du gouvernement de Géorgie.

"Nous avons un partenariat intensif, un dialogue intensif, un engagement intensif à un niveau politique élevé avec la Géorgie", a-t-il ajouté.

Les ministres de la Défense de l'Otan, réunis à Lancaster House, devaient initialement se concentrer sur la modernisation des structures militaires de l'organisation. Mais les conséquences militaires du nouveau climat de confrontation avec la Russie ont accaparé les discussions.

Vendredi matin, le Premier ministre britannique Gordon Brown a reçu à Downing Street son homologue géorgien Lado Gourguénidzé.

"Nous avons pu lui dire que nous soutenons totalement l'intégrité territoriale de la Géorgie", a déclaré M. Brown. "Nous apporterons à la Géorgie un soutien financier et économique, et nous appelons les autres pays à faire de même", a-t-il ajouté.

Dans un entretien avec la chaîne Sky News, M. Brown a estimé qu'intégrer la Géorgie et l'Ukraine à l'Otan était la "bonne chose à faire".

"Si un pays souverain, libre de prendre ses propres décisions, souhaite être partie prenante d'un groupe démocratique dont les membres ont des principes très clairs, nous devrions être prêts à examiner" cette éventualité, a-t-il déclaré.

Jeudi, MM. Scheffer et Gates s'étaient chacun montrés plutôt conciliants à l'égard de Moscou.

"Nous ne pouvons pas trouver une solution si nous cherchons simplement à punir la Russie", avait prévenu M. Scheffer, qui veut ménager la Russie tout en laissant la porte grande ouverte à une adhésion de la Géorgie à l'Otan.

M. Gates avait lui estimé que l'Otan devait "agir avec prudence car il y a clairement des divergences d'opinion au sein de l'Alliance sur la manière de répondre", citant notamment les Pays baltes et de l'Europe de l'Est.

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