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Congrès à haut risque pour Gordon Brown

Alors que le congrès annuel du Labour (parti travailliste) s'ouvre ce samedi à Manchester, le Premier ministre britannique Gordon Brown continue de battre des records d'impopularité. Y compris dans son propre camp.

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Le parti travailliste de Gordon Brown entame samedi à Manchester (nord-ouest) son congrès annuel, où l'impopulaire Premier ministre tentera de sauver sa tête en se posant comme le meilleur capitaine pour affronter l'actuelle tempête économique.

Avant même l'ouverture officielle du congrès, en début d'après-midi, la journée de samedi a commencé sous de bons auspices pour M. Brown: l'auteur de la saga des Harry Potter J.K. Rowling a annoncé un don d'un million de livres (1,27 million d'euros) au Labour, et celui que la presse présente comme le rival potentiel de M. Brown à la tête du parti a appelé le Labour à s'unir derrière le Premier ministre.

Le don de Mme Rowling, amie personnelle des Brown, tombe à point nommé pour le parti travailliste dont les dettes frôlent les 18 millions de livres (22,5 millions d'euros). Des difficultés financières héritées en partie de la campagne des élections législatives de 2005, la plus coûteuse de l'histoire du parti.

Cerise sur le gâteau, la très populaire romancière a justifié ce don par son soutien à la politique sociale du Premier ministre.

"Je pense que les familles pauvres et vulnérables s'en tireront beaucoup mieux avec le Labour qu'avec le parti conservateur de (David) Cameron", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

M. Brown, "ravi", s'est empressé de remercier "l'un des plus grands écrivains de tous les temps".

Autre nouvelle rassurante pour un Premier ministre de plus en plus contesté par sa base: le soutien affiché du ministre des Affaires étrangères David Miliband, souvent donné comme son successeur putatif.

"J'ai clairement dit que je ne pensais pas l'heure venue pour une élection à la tête (du Labour)", a déclaré le secrétaire au Foreign Office dans une interview au Mirror, un tabloïd de gauche. "Il est temps de s'attaquer aux défis essentiels - c'est pourquoi l'heure est venue de nous rassembler".

Un autre rival potentiel, le ministre de la Santé Alan Johnson, a lui aussi estimé que M. Brown, ancien ministre des Finances de Tony Blair de 1997 à 2007, était le mieux à même de diriger le parti, "pour le moment", tout en apportant un soutien à peine voilé à... M. Miliband pour l'avenir.

Même son de cloche de la part du ministre de la Justice Jack Straw, lui aussi donné comme un successeur potentiel: M. Brown est "l'homme qui peut nous emmener jusqu'aux prochaines élections et au-delà".

Le Premier ministre lui-même a martelé au fil des interviews ce qui devrait être l'un des leitmotivs de ce congrès, qui débute après une semaine de tempête sur les marchés financiers: il est selon lui le mieux placé pour affronter la crise économique actuelle. Et il serait donc suicidaire de changer de capitaine en pleine tourmente.

"Seul le gouvernement travailliste est actuellement capable de faire face à l'instabilité économique et assurer la sécurité dont les familles et les entreprises ont besoin", a-t-il estimé dans une interview au Guardian.

Une douzaine d'élus ont demandé l'organisation d'un vote sur le maintien de Gordon Brown à la tête du parti lors du congrès du Labour, idée rejetée par la direction travailliste.

Inquiets de l'impopularité record de leur chef de file, de nombreux élus travaillistes, députés et même ministres selon la presse, craignent que M. Brown les mène droit à la catastrophe lors des prochaines élections générales, au plus tard en mai 2010.

Selon une enquête Yougov publiée samedi par le Daily Telegraph, les Tories bénéficient d'une confortable avance de 20 points devant le Labour dans les intentions de vote des Britanniques.

Plusieurs manifestations sont prévues à Manchester tout au long du congrès, qui s'achèvera mercredi. La première, prévue en milieu de journée, pourrait attirer plusieurs milliers de manifestants pacifistes.

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