CRISE FINANCIÈRE

Le plan d'aide coûtera des "centaines de milliards de dollars"

Le vaste plan de soutien décidé par l'administration Bush et destiné à assainir le secteur bancaire devrait coûter "plusieurs centaines de milliards de dollars", selon Henry Paulson, le secrétaire du Trésor américain.

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Les autorités américaines se sont résolues à employer les grands moyens pour juguler la crise qui menaçait de faire sombrer leur système financier, après avoir reconnu l'inefficacité de leurs efforts pour régler au fur et à mesure les problèmes qui se présentaient.

L'administration Bush a envoyé au Congrès tard vendredi les détails d'un vaste plan de soutien aux banques, a indiqué un responsable du gouvernement.

Ce responsable, parlant sous couvert d'anonymat, n'a pas donné d'autres détails sur ce plan de sauvetage du gouvernement annoncé jeudi soir pour faire face à la crise financière et qui devrait coûter des centaines de milliards de dollars.

Le gouvernement américain a "agi au cas par cas ces dernières semaines", a reconnu vendredi le secrétaire au Trésor. Mais il faut "maintenant prendre des mesures supplémentaires et décisives pour régler de manière efficace les racines à la base des tensions sur notre système financier".

Henry Paulson avait annoncé dans la nuit vouloir réfléchir, en partenariat avec le Congrès, à une solution pour débarrasser les banques des actifs hautement risqués accumulés pendant la "bulle" immobilière et maintenant invendables.

L'objectif est d'arriver à un projet de loi d'ici la fin du week-end, dont l'examen au Congrès pourrait débuter à la fin de la semaine prochaine, espère Chris Dodd, président de la commission bancaire au Sénat.

"Ces mesures réclament que nous engagions un montant considérable de dollars du contribuable", a concédé le président américain George W. Bush.

M. Paulson a parlé de "centaines de milliards". "Il faut que cela soit suffisamment gros pour faire une vraie différence et aller au coeur du problème", a affirmé le ministre lors d'une conférence de presse.

Un influent sénateur républicain, Richard Shelby, avait avancé un peu plus tôt que le coût pourrait atteindre 1.000 milliards de dollars.

Après avoir dû coup sur coup mettre sous tutelle les organismes de refinancement hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, assister au dépôt de bilan de la banque d'affaires Lehman Brothers et dû nationaliser l'assureur AIG, les autorités américaines risquaient de se trouver à court d'options.

En un allusion à la machine infernale qui menaçait d'engloutir d'autres banques, comme Morgan Stanley, le démocrate Chris Dodd a estimé que les Etats-Unis étaient "peut-être à quelques jours d'un effondrement complet" de leur système financier".

Les marchés financiers ont réagi avec enthousiasme à la détermination nouvelle des autorités de Washington de nettoyer leurs écuries d'Augias. Dans le sillage de marchés asiatiques complètement requinqués, la Bourse de Paris a gagné 9,27% sur la séance, celle de Francfort 5,56% et celle de Londres 8,84%. Wall Street était elle-même en forte hausse, d'environ 350 points, à la mi-séance.

D'autant que cette détermination à régler les choses en profondeur s'est accompagnée de l'annonce de toute une série de mesures de portée plus immédiate, destinées à rassurer et à favoriser la liquidité des marchés et à débloquer --enfin-- le robinet du crédit.

"Même si beaucoup de détails restent à préciser, le Trésor et la Fed ont finalement réalisé la profondeur et la nature systémique de la crise", s'est félicité John Ryding, économiste chez RDQ Economics. "Ces décisions devraient agir comme un coupe-feu" dans l'incendie actuel, a-t-il dit.

Pour Ian Shepherdson, chef économiste de High Frequency Economics, les mesures gouvernementales marquent "le début de la fin" de la crise".

"C'est un pas en avant gigantesque. La seule manière de mettre un terme à la crise", a relevé M. Shepherdson. "L'économie est encore un désastre, mais la probabilité d'une crise systémique a beaucoup diminué".

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