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Au moins 52 morts dans un attentat à Islamabad, devant l'hôtel Marriott

Alors que le président Zardari venait de délivrer son premier discours devant le Parlement, un attentat-suicide au camion piégé a frappé l'hôtel Marriott à Islamabad, tuant entre 50 et 60 personnes.

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ISLAMABAD - Un attentat suicide au camion piégé a visé samedi soir l'hôtel Marriot d'Islamabad, faisant au moins 50 morts et près de 250 blessées, bilan sans précédent dans la capitale pakistanaise depuis que le pays s'est rallié à la "guerre contre le terrorisme" lancée par les Etats-Unis.

 

L'attentat, qui a déclenché un vaste incendie, a frappé le centre d'Islamabad quelques heures après l'appel à "éradiquer le terrorisme" lancé par le nouveau président, Ali Asif Zardari, dans son premier discours devant le Parlement.

 

Selon le propriétaire de l'hôtel, le kamikaze conduisait un camion bourré d'explosifs. Malgré les agents de sécurité, il a enfoncé les barrières disposées devant l'entrée principale de l'établissement cinq étoiles.

 

Dans une allocution diffusée dans la nuit à la télévision, Zardari a de nouveau promis de lutter sans relâche contre la violence extrémiste. "Le Pakistan est en proie à une épidémie, à un cancer que nous éradiquerons. Nous ne nous laisserons pas effrayer par ces lâches", a-t-il dit.

 

A Washington, George Bush a condamné fortement cet attentat qui, a-t-il dit, "est un rappel de la menace à laquelle sont actuellement confrontés le Pakistan, les Etats-Unis et tous ceux qui s'opposent à l'extrémisme violent".

 

Allié des Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme, le Pakistan est en première ligne du conflit en Afghanistan, avec lequel il partage plus de 2.000 km de frontière commune et dont les zones tribales du nord-ouest servent de bases arrière aux insurgés afghans.

 
 
"Le message est très clair"
 

L'attaque visant le Marriott, appartenant à une famille pakistanaise mais rattaché à la chaîne hôtelière américaine, survient alors que l'armée pakistanaise est engagée dans une offensive de grande ampleur contre des combattants islamistes de la région tribale de Bajaur.

 

Elle intervient aussi à un moment où les relations entre Washington et Islamabad se sont tendues du fait des raids menés en territoire pakistanais par les forces américaines basées en Afghanistan.

 

"Le message est très clair, sans ambiguïté: si le gouvernement poursuit sa politique, voilà ce qu'il obtiendra en réponse. Avec cet attentat, ils démontrent qu'ils peuvent frapper n'importe où, n'importe quand, quels que soient les dispositifs de sécurité", analyse Talat Masood, ancien général de l'armée pakistanaise spécialiste des questions de défense.

 

"Ils adressent aussi un message à la population pakistanaise: votre gouvernement et votre armée autorisent les Américains à attaquer notre territoire", ajoute-t-il.

 

La vidéo diffusée par Al Qaïda pour le septième anniversaire des attentats du 11-Septembre comportait un appel sans équivoque à un renforcement de la lutte au Pakistan. Selon un responsable du renseignement américain, l'attaque contre le Marriott porte les marques distinctives du mode opératoire d'Al Qaïda.

 
 
Un cratère de six mètres de profondeur
 

L'attentat a été commis en début de soirée. Selon le ministère pakistanais de l'Intérieur, le camion piégé transportait sans doute plus de 500 kg d'explosifs. La plupart des victimes se trouvaient à l'extérieur de l'hôtel. Tous les agents de sécurité en poste à l'entrée principale, où le kamikaze a déclenché ses explosifs, ont péri.

 

Deux ressortissants étrangers figurent également au nombre des tués, dont un Américain.

D'après des clients qui dînaient lors de l'attentat, les plafonds de la salle à manger et du hall d'entrée se sont effondrés. De nombreux clients de l'établissement seraient encore pris au piège à l'intérieur du Marriot, où, six heures après l'attentat, l'incendie était pratiquement éteint.

 

Devant l'hôtel, le sol est jonché de débris. Le cratère creusé par la déflagration s'enfonce à six mètres sous la chaussée. Des dizaines de voitures ont été détruites. Les vitres des immeubles environnants ont été soufflées par la déflagration, entendue dans toute la ville.

 

"Il y a eu une alerte, les agents de sécurité nous ont dit de nous rendre à l'arrière de l'hôtel. Il ne s'est rien passé pendant cinq minutes, puis il y a eu une gigantesque explosion. Tout est tombé, il y avait un grand nombre de corps tout autour", a témoigné Clemens Steinkanp, un ressortissant allemand légèrement blessé dans l'attentat.

 

A deux reprises déjà, l'hôtel Marriott, établissement de 290 chambres situé au pied des collines de Margalla et que fréquentent des ressortissants étrangers ainsi que l'élite pakistanaise, avait été la cible d'attaque par le passé.

 

Mais l'attentat de samedi est le plus meurtrier commis à Islamabad même depuis que le Pakistan s'est rallié en 2001 à la "guerre contre le terrorisme" décrétée par le président George Bush après les attentats du 11 septembre.

 

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