HONGRIE

Affrontements entre police et extrémistes de droite à Budapest

Près de 200 extrémistes de droite se sont opposés, samedi, aux forces de l'ordre, après la tenue de manifestations pacifistes contre la discrimination, le racisme et l'antisémitisme organisées dans la capitale hongroise.

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Près de deux cents extrémistes de droite ont affronté la police samedi soir à Budapest, s'en prenant à des magasins, des voitures et des bancs publics dans le centre-ville après des manifestations pacifiques contre la discrimination, le racisme et l'antisémitisme.

"Les violences dans les rues ont pris fin vers 19H30 (17H30 GMT), la circulation a repris son rythme normal et le nettoyage des rues a commencé", a annoncé la police, qui n'a pas signalé de blessés.

"Bien que les affrontements avec les extrémistes ont pris fin, les forces de l'ordre surveillent les lieux et nous nous attendons encore à de nombreuses interpellations", a déclaré à la presse Eva Taffnerer, porte-parole de la police. Huit extrémistes de droite ont été interpellés, mais ce chiffre va très certainement évoluer au cours de la nuit, a ajouté la porte-parole.

Deux manifestations contre la violence, le racisme, l'antisémitisme et la discrimination en général, rassemblant au total quelque 4.500 personnes devant le parlement à l'appel de la Charte démocratique et d'organisations tziganes, se sont déroulées samedi après-midi, sans incident majeur.

Le chef du gouvernement, le socialiste Ferenc Gyurcsany, présent sur les lieux, a souligné dans un discours que "les Hongrois ne sont pas les ennemis des Hongrois, au contraire, ils sont frères, il ne peut y avoir de guerre entre Hongrois".

Mais, en marge de ces deux manifestations, un millier de nationalistes du parti Jobbik se sont rassemblés à deux kilomètres du parlement, sur la place des Héros. A la fin de ce rassemblement, 150 à 200 extrémistes de droite ont attaqué un monument soviétique de la fin de la Deuxième Guerre mondiale et ont affronté la police, qui les a rapidement dispersés à l'aide de grenades lacrymogènes.

Peu après, ces extrémistes, le visage masqué par des cagoules et munis de bâtons, de pierres, de cocktail Molotov, se sont regroupés et ont affronté la police. Présents en grand nombre, les policiers ont utilisé des grenades lacrymogènes et un canon à eau pour disperser les casseurs.

Les dégâts matériels sont importants, les extrémistes ayant brisé vitres de magasins et de voitures, bancs publics et poubelles, réussissant même à mettre le feu à une voiture de police.

Bien que la circulation dans le centre-ville de la capitale était paralysée à cause des échauffourées, l'envergure des affrontements n'avait rien à voir avec ceux d'il y a deux ans, quand plusieurs milliers de manifestants d'extrême droite avaient attaqué, incendié et même temporairement occupé le bâtiment de la télévision nationale.

Les émeutes de 2006 avaient éclaté après la diffusion d'un discours prononcé à huis-clos par le Premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsany, dans lequel il avait avoué avoir menti lors de la campagne électorale de 2006 pour assurer sa réelection.
 

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