ÉLECTIONS

La France renouvelle un tiers de ses sénateurs

Environ 50 000 "grands électeurs" doivent renouveler, ce dimanche, un tiers de la Chambre haute du Parlement. Largement majoritaire, la droite devrait conserver l'avantage, même si une poussée de la gauche est attendue.

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Près de 50.000 "grands électeurs" - conseillers municipaux, régionaux, généraux, députés - ont commencé à voter dimanche dans les préfectures pour renouveler un tiers des sièges du Sénat, qui devrait rester ancré à droite malgré une progression attendue de la gauche.

114 sièges sont en jeu dans 39 départements, 4 collectivités d'Outre-mer et le collège des Français de l'étranger (4 sièges).

Un premier sénateur a déjà été élu dans le territoire d'outre mer de Wallis et Futuna où le scrutin a déjà eu lieu. Il s'agit du sortant UMP, Robert Laufoaulu.

Une partie des sénateurs concernés est élue au scrutin majoritaire à deux tours (74 sièges) et une autre à la proportionnelle (40).

En métropole, pour le scrutin majoritaire, le 1er tour a lieu de 8H30 à 11H00 et le second de 15H30 à 17H30. Pour la proportionnelle, le scrutin est ouvert à 9H00 et clos à 15H00.

Les nouveaux sénateurs, élus pour six ans, seront choisis entre 754 candidats. 42 sénateurs ne se représentent pas.

La gauche, grande gagnante des municipales et cantonales de mars 2008, désormais majoritaire dans les collectivités territoriales (20 régions sur 22, 58 départements sur 100), devrait gagner, selon le numéro 1 du PS, François Hollande, "de 10 à 15 sièges". Mais l'équilibre politique de cette assemblée qui n'a jamais connu d'alternance politique sous la Vè République ne devrait pas changer.

La droite est en effet favorisée par la surreprésentation des petites communes rurales traditionnellement conservatrices, les communes de moins de 3.500 habitants fournissant en effet la moitié des délégués des conseils municipaux, qui représentent eux-même 95,8 % de ce corps électoral.

Par ailleurs la création de 12 nouveaux sièges en particulier dans des départements fidèles à la droite lui permettra également de limiter les pertes. Dimanche soir, le Sénat passera de 331 à 343 membres.

L'UMP, qui a perdu la majorité absolue lors du dernier scrutin, en 2004, risque toutefois de voir sa majorité à nouveau grignotée l'obligeant à composer encore plus avec ses alliés centristes de l'Union centriste-UDF (UC-UDF) et radicaux valoisiens.

Actuellement, la droite compte 159 UMP, 30 Union Centriste, 10 radicaux de droite et 6 non inscrits. Dans ce scrutin 56 UMP, 4 centristes, un non-inscrit et 5 radicaux de droite sont renouvelables.

Le droite attend des gains dans le Gard, l'Hérault, la Haute-Garonne, l'Ain, les Alpes-Maritimes, l'Eure-et-Loir, le Finistère, l'Aisne, la Guyane, la Polynésie, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

La gauche compte 95 membres du groupe socialiste (dont 5 Verts), 23 communistes (CRC) et 7 radicaux de gauche. 29 PS, 3 PRG, 3 PCF sont renouvelables.

Au PS, on espère progresser dans l'Aveyron, le Gers, la Corrèze, la Dordogne, la Haute-Garonne, les Bouches-du-Rhône, la Charente, l'Ille-et-Vilaine, la Gironde, la Côte-d'Or et les Français de l'étranger voire le Doubs, l'Ain, l'Aisne, et l'Eure.

Parmi les sortants qui se représentent, le président du groupe PS Jean-Pierre Bel (Ariège), le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (UMP) et Jean-Noël Guérini (PS) devraient retrouver leur siège.

Parmi les nouveaux prétendants: les ex-ministres Charles Millon (Ain), Jean-Pierre Chevènement (MRC, Belfort), le numéro 2 du PS François Rebsamen (Côte-d'Or) et Dominique Paillé (Français de l'étranger), porte-parole de l'UMP.

Dès dimanche soir, la bataille pour la présidence du Sénat qui se joue à guichets fermés au sein de l'UMP, va redoubler d'intensité entre les deux favoris Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher et l'outsider Philippe Marini, avec une primaire au groupe majoritaire, mercredi, pour les départager.
 

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