SLOVÉNIE

La gauche remporte les législatives d'une courte tête

Le Parti social-démocrate d'opposition a obtenu 30,5 % des voix aux législatives slovènes (soit 29 sièges) contre 29,32 % (soit 28 sièges) pour le parti de centre-droit du Premier ministre Janez Jansa.

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Le Parti social-démocrate (SD, ex-communiste), jusqu'à présent dans l'opposition, a remporté dimanche d'une courte tête les élections législatives en Slovénie devant le Parti Démocrate Slovène (SDS) de centre-droit du Premier ministre Janez Jansa, selon les résultats de la Commission électorale sur son site internet.

D'après la Commission électorale, sur 99,97% des votes dépouillés, moins les votes par correspondance (environ 2% du total) dont les résultats ne seront connus que le 29 septembre, les sociaux-démocrates ont obtenu 30,50% des voix, soit 29 sièges, et le SDS 29,32% (28 sièges).

Pour les sociaux-démocrates, dirigés par un ancien communiste âgé de presque 45 ans, Borut Pahor, c'est un bond spectaculaire: au scrutin de 2004, ils avaient dû se contenter de la 3e place avec seulement 10,17%. Quant à Janez Jansa, il pourra se féliciter d'avoir légèrement amélioré sa performance de 2004 (29,07%).

Compte tenu de ce faible écart et à défaut de pouvoir réunir une majorité parlementaire, Janez Jansa peut encore caresser l'espoir d'améliorer son score grâce aux votes par correspondance dont le gros est constitué par les Slovènes vivant à l'étranger, lesquels lui sont traditionnellement favorables.

Il a implicitement reconnu sa défaite, estimant que son adversaire social-démocrate avait "plus de chances de former le gouvernement".

Au début de la soirée électorale, selon les sondages à la sortie des urnes des chaînes de télévision, le SD apparaissait comme le net vainqueur du scrutin avec de 31,5% à 32,2% des suffrages contre de 27,7% à 28,04% pour la formation de Janez Jansa.

Dans la perspective de la formation d'une majorité parlementaire, l'avantage est aux sociaux-démocrates, leurs alliés potentiels, le Parti de la Démocratie Libérale (LDS, 5,19%) et le nouveau parti Zares (9,41%) ayant franchi la barre des 4% nécessaires pour entrer au parlement. Enfin, le parti des retraités (DeSus, 7,44%), a aussitôt fait des offres de service au centre-gauche, par la voix de son président, Karel Erjavec.

Par contre, du côté des alliés au gouvernement de Janez Jansa, le Parti du Peuple Slovène (SLS, centre-droit, 5,24%) est en recul, tandis que le parti Nouvelle Slovénie (NSi, centre-droit, 3,24%) est même éliminé du parlement. Quant au Parti nationaliste SNS, dans l'opposition, il régresse légèrement à 5,45% (6,27% en 2004).

Borut Pahor a eu le triomphe modeste, attribuant son succès à "la politique modérée" de son parti: "Les Slovènes ont voté pour le SD et non pas contre le gouvernement sortant" et "nous mènerons une politique dans l'intérêt de tous".

Les quatre ans de gouvernement de la coalition de centre-droit ne devraient donc avoir été qu'une parenthèse dans la vie politique slovène avec le retour au pouvoir de la gauche et du centre-gauche. Auparavant, aux municipales en 2006, le parti gouvernemental avait déjà perdu la capitale Ljubljana et la deuxième ville du pays, Maribor, puis, aux présidentielles de 2007, son candidat avait essuyé une cinglante défaite face au candidat de centre-gauche, Danilo Turk.

Au total, sur 1,7 million d'électeurs, la participation s'est élevée à 62,16%, soit en hausse par rapport à 2004 (60,65%).

La campagne électorale a été marquée par des accusations de corruption à l'encontre de Janez Jansa: la télévision publique finlandaise a évoqué des pots-de-vin en 2006 du groupe de défense finlandais Patria pour le plus gros contrat militaire jamais signé par Ljubljana, accusations qualifiées "d'absurdes" par Janez Jansa.

Ainsi, s'il pouvait initialement se targuer d'avoir fait de la Slovénie "l'élève-modèle" des anciens pays communistes nouvellement adhérents à l'Union européenne (UE) et à l'Otan, ainsi que d'avoir été l'artisan de son entrée dans la zone euro, en 2007, le recul de la croissance économique, l'inflation galopante et les accusations de corruption ont profité à ses adversaires.

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