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Le nationaliste Taro Aso prend la tête du gouvernement

Le nationaliste Taro Aso a été officiellement porté à la tête du Parti libéral démocrate (PLD), lui assurant le poste de Premier ministre. L'ex-chef de la diplomatie sera investi mercredi et succédera ainsi à Yasuo Fukuda, démissionnaire.

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Sans surprise, le Parti libéral démocrate (PLD) japonais a choisi lundi Taro Aso, partisan de la réduction des impôts et d'une hausse des dépenses publiques pour relancer l'économie, comme son nouveau chef, lui assurant le poste de Premier ministre en remplacement de Yasuo Fukuda, démissionnaire.


Aso, ancien ministre des Affaires étrangères, sera officiellement désigné à la tête du gouvernement à l'issue d'un vote au Parlement mercredi prochain, dont l'issue est certaine en raison de la majorité détenue par son parti à la chambre basse.


Fukuda avait démissionné le 1er septembre afin de mettre un terme à l'impasse politique qui paralysait l'action du gouvernement. Il était confronté depuis des mois à une opposition majoritaire au Sénat qui entravait son action et retardait l'adoption de nouvelles lois.


Ancien membre de l'équipe japonaise de tir à la fosse olympique aux Jeux de Montréal en 1976, Aso avait déjà tenté trois fois de prendre la tête du premier parti japonais. A chaque fois, il avait raté sa cible.


Lundi, deux jours après son 68e anniversaire, il a visé juste, recueillant 351 des 525 voix des parlementaires du PLD et des responsables locaux du parti.


Le ministre de l'Economie Kaoru Yosano, arrive en deuxième position avec 66 voix, devant l'ancienne ministre de la Défense Yuriko Koike, qui a obtenu seulement 46 suffrages. Cette dernière avait pourtant reçu le soutien de l'ancien Premier ministre Junichiro Koizumi.


Selon la presse, les partis de la coalition gouvernementale ont décidé de convoquer des élections législatives anticipées le 26 octobre, espérant profiter d'un regain de soutien après la nomination du nouveau Premier ministre.


D'après un sondage de l'agence de presse Jiji publié vendredi, le Parti démocrate, le principal parti d'opposition, recueille toutefois 31% des intentions de vote, contre 29% au PLD pour l'élection à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète.


Le parlement devrait être dissous le 3 octobre et la campagne débuter le 14 octobre, prédisent les journaux japonais.


Une dynastie politique


Battu par Fukuda lors de sa précédente tentative l'an dernier, Taro Aso avait hérité le mois dernier du poste de numéro deux du PLD, et attendait son heure en observant la popularité déclinante du Premier ministre démissionnaire.


Petit-fils d'un ancien Premier ministre, marié à la fille d'un autre chef de gouvernement, Taro Aso appartient à cette classe politique dynastique au Japon, à laquelle on reproche souvent d'être éloignée des préoccupations quotidiennes de ses concitoyens.


Il a récemment laissé entendre qu'il pourrait dévier un peu de l'orthodoxie budgétaire en vigueur ces dernières années au Japon, et augmenter la dépense publique afin de relancer la croissance.


Ses sorties, qui tournent quelquefois à la gaffe, lui ont valu d'être écarté en 2001, 2006 et 2007 de la course au poste de Premier ministre au profit de personnalités au profil plus lisse.


En tant que chef de la diplomatie nippone, il a notamment provoqué en 2003 une crise avec les deux Corées en faisant l'apologie de la colonisation de la péninsule pendant la Seconde Guerre mondiale.


Aso pourrait être moins accommodant avec le grand rival chinois que son prédécesseur, qui a fortement contribué au réchauffement entre Tokyo et Pékin.


Nationaliste déclaré, Aso n'a pas voulu dire s'il se rendrait régulièrement au sanctuaire Yasukuni, considéré par Pékin comme un symbole du passé militariste japonais.


Mais il a rappelé qu'il proposait de transformer ce sanctuaire shintoïste, qui honore les morts japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, en mémorial laïque.


Cela pourrait permettre de retirer du sanctuaire les noms des dirigeants condamnés pour crimes de guerre par un tribunal allié à la fin de la guerre.


Les pèlerinages effectués par l'ancien Premier ministre Junichiro Koizumi à Yasukuni entre 2001 et 2006 avaient refroidi les relations avec Pékin.


Les experts diplomatiques estiment que l'amélioration des relations en cours devrait se poursuivre car les deux pays ont tout intérêt à approfondir leurs liens économiques.


La Chine a remplacé l'an dernier les Etats-Unis comme premier partenaire commercial du Japon. Le commerce bilatéral entre les deux pays s'élève à 236,6 milliards de dollars.

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