JAPON

Le parti conservateur va choisir le nouveau Premier ministre

Ils sont cinq prétendants à la succession de Yasuo Fukuda, et l'un d'entre eux sera choisi, lundi, par le Parti libéral démocrate. Charismatique et impétueux, Taro Aso (photo) part largement favori.

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Le Parti libéral démocrate (PLD, droite) au pouvoir au Japon va désigner lundi le nouveau Premier ministre du pays, en élisant en son sein le successeur de Yasuo Fukuda, démissionnaire.

Cinq candidats sont en lice, avec un grand favori, l'ancien ministre des Affaires étrangères Taro Aso qui brigue le poste pour la quatrième fois et semble bien placé pour prendre les rênes de la deuxième économie du monde.

Une compétition s'est ouverte au sein du PLD après la démission le 1er septembre du Premier ministre et président du parti Yasuo Fukuda, impopulaire et bloqué par l'opposition de centre-gauche dans ses tentatives de réforme.

Le PLD dispose de la majorité à la Chambre des députés et son nouveau président, qui va être élu lundi lors d'une consultation interne, est assuré d'être investi Premier ministre au Parlement dès mercredi.

Selon toutes les enquêtes réalisées par les journaux japonais, M. Aso semble pouvoir compter sur une confortable majorité des voix des 527 cadres du parti appelés à élire le nouveau chef.

Agé de 68 ans, il a axé sa campagne sur le renforcement du poids politique et militaire du Japon, et sur la mise en place d'un plan de relance, décidé par son prédécesseur, visant à soutenir l'économie japonaise menacée par la récession.

Les candidats se sont d'ailleurs focalisés sur les questions économiques et sociales, un point sur lequel M. Fukuda a échoué, un an après être arrivé au pouvoir sur la promesse de réduire les inégalités de richesse.

L'adversaire le plus sérieux de M. Aso, bien qu'à distance respectable, semble être Kaoru Yosano, redevenu ministre de la Politique économique et budgétaire en août après avoir occupé ce poste sous le Premier ministre libéral Junichiro Koizumi (2001-2006).

M. Yosano est un chantre de la réduction de la colossale dette publique japonaise, et juge irresponsable de lancer l'Etat dans de nouvelles dépenses. Il prône une augmentation de la taxe sur la consommation, très faible au Japon.

Une femme concourt pour la première fois au poste suprême: Yuriko Koike, une ex-ministre de la Défense, protégée de M. Koizumi dont elle partage les idées économiques libérales.

Ses chances semblent très minces, comme celles des deux derniers candidats, Shigeru Ishiba, un autre ancien ministre de la Défense, et Noboteru Ishihara, le fils du gouverneur populiste de Tokyo, forte personnalité de la vie politique japonaise.

Le principal mouvement d'opposition, le Parti démocrate du Japon (PDJ, centre), a fustigé dans cette élection une "pseudo course au pouvoir", sous-entendant que les jeux étaient faits depuis longtemps en faveur de M. Aso.

Mal en point dans les enquêtes d'opinion du fait de l'impopularité chronique de M. Fukuda, le PLD semble s'être refait une santé à la faveur des apparitions médiatiques fréquentes des cinq candidats depuis trois semaines.

Les intentions de vote en sa faveur ont bondi de huit points en un mois, à 43%, celles pour le PDJ stagnant à 26%, selon un sondage du quotidien Yomiuri. Quelque 59% des Japonais disent préférer Taro Aso comme Premier ministre, contre 28% pour le président du PDJ, Ichiro Ozawa, selon cette enquête.

Les dirigeants du PLD n'ont pas fait mystère de leur volonté d'avancer la date des élections législatives, prévues normalement en septembre 2009, afin de profiter de l'état de grâce du nouveau Premier ministre fraîchement investi.

M. Aso a toutefois assuré vendredi qu'il ne s'agirait pas de "la première priorité" de son gouvernement s'il était choisi, l'urgence étant selon lui de gérer les conséquences de la crise économique.
 

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