ISRAËL

Shimon Peres demande à Tzipi Livni de former un gouvernement

Tzipi Livni, la nouvelle dirigeante du parti Kadima, s'est vu officiellement confier la mission de former le nouveau gouvernement. Elle a demandé au Likoud de Benjamin Netanyahou de rejoindre la coalition qu'elle veut mettre sur pied d'ici 42 jours.

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Mme Tzipi Livni, chargée lundi par le président Shimon Peres de former le prochain gouvernement, deviendra si elle y parvient la deuxième femme Premier ministre d'Israël après Golda Meïr.

Mais cette femme, considérée comme la plus puissante du pays, a-t-elle la trempe de la célèbre "dame de fer" israélienne qui dirigea l'Etat juif de 1969 à sa démission en 1974 et fût, comme elle, ministre des Affaires étrangères?

Ses détracteurs, nombreux au sein de son propre parti, le Kadima, pensent que l'expérience politique lui fait défaut et que ses aptitudes dans le domaine de la sécurité sont insuffisantes.

Ce qui n'empêche pas cette mère de deux enfants, née le 8 juillet 1958, de figurer dans le peloton de tête des personnalités politiques les plus populaires de son pays.

Sa réputation de femme intègre tranche avec celle du Premier ministre Ehud Olmert, forcé à la démission par des scandales. Contrairement à ce dernier, Tzipi Livni n'a jamais été inquiétée par la justice.

Cultivant cette image d'intégrité dans un pays où les affaires de corruption impliquant des dirigeants politiques se sont multipliées ces dernières années, elle assure vouloir restaurer la "confiance" des Israéliens.

Actuelle chef de la diplomatie, elle a travaillé pour le Mossad (1980-84), et a connu une carrière politique météorique depuis son entrée à la Knesset (Parlement) en 1999.

Mais cette avocate, très volontaire, toujours tirée à quatre épingles et catapultée vers les sommets de son parti par Ariel Sharon, fondateur du Kadima, suscite la méfiance au sein de l'appareil.

"Je crains pour l'avenir de l'Etat d'Israël si Livni arrive au pouvoir. Elle est incapable de prendre des décisions. Elle est influençable et n'a pas confiance en elle-même", a récemment dit d'elle M. Olmert, la qualifiant au passage de "traîtresse" et "menteuse".

Une animosité qui a éclaté au grand jour en 2007, lorsqu'elle s'était déjà positionnée en faveur d'une démission du Premier ministre après la publication d'un rapport sur les ratés de la guerre de 2006 au Liban.

Aux côtés de son amie, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, Tzipi Livni s'est fréquemment exprimée en faveur d'une amélioration des conditions de vie des Palestiniens en Cisjordanie occupée, de la création d'un Etat palestinien, tout en prônant la poursuite de la lutte antiterroriste et l'isolement des islamistes du Hamas qui contrôlent la bande de Gaza.

Tzipi Livni est pourtant née politiquement dans le berceau de la droite nationaliste dont elle a mis les idéaux de côté pour se hisser vers les sommets du Kadima, qu'elle a rejoint dès sa création.

Son père Eytan Livni et sa mère Sarah étaient tous deux des membres actifs de l'Irgoun, une organisation clandestine luttant avec des bombes contre le mandat britannique avant de former le noyau du Likoud, parti de droite aujourd'hui dirigé par Benjamin Netanyahu.

Elle a quitté ce parti, jugeant ses positions "ultranationalistes", pour suivre Ariel Sharon lorsqu'il fonda le Kadima en novembre 2005 et prôna une restitution d'une partie des territoires palestiniens conquis en juin 1967.

Elle mène aujourd'hui l'équipe des négociations avec les Palestiniens lancées fin novembre dernier lors d'une conférence à Annapolis, aux Etats-Unis, par le président George W. Bush. Un processus jusque-là dénué de toute percée.

Avant de diriger la diplomatie, elle a été ministre de la Coopération régionale en mars 2001, puis ministre de l'Agriculture, de l'Immigration et de la Justice.
 

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