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Bras de fer entre les catholiques et les autorités

Des dizaines de catholiques vietnamiens protestent contre la construction d'un jardin public sur le site de l'ancienne délégation apostolique à Hanoï. FRANCE 24 est allé voir de plus près le bras de fer engagé par les autorités.

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Des dizaines de catholiques protestent quotidiennement depuis vendredi contre la construction d’un jardin et d’une bibliothèque sur le site de l’ancienne délégation apostolique à Hanoï. FRANCE 24 est allé voir de plus près le bras de fer engagé avec les autorités.

 

Tout est parti de l’annonce, le 18 septembre au soir, sur la télévision locale de Hanoï, du lancement de travaux sur un terrain considéré par les catholiques vietnamiens comme un lieu hautement symbolique.

 
Engagés dans un conflit avec les autorités pour recupérer des terrains abandonnés aux communistes après le départ des colonisateurs francais en 1954, les catholiques se sont rapidement mobilisés. Un cortège de prêtres vêtus de noir a defilé dès samedi matin en plein cœur touristique de la capitale tandis que des centaines de fidèles se sont relayés en priant devant les barrages de police filtrant l’accès à la rue en question.
 
 "L'ambassade du Vatican"
 
“Ce terrain nous appartient”, assure Pham Van Dung, secrétaire de l’archevêque, qui insiste sur la portée symbolique de ce site pour tous les catholiques de Hanoï. “Pour nous, il s’agit en quelque sorte de l’ambassade du Vatican, et on ne peut plus l’utiliser depuis 1961.”
 
A Hanoï, le maire de la capitale, Nguyen The Thao, a demandé à l’archevêque de “prendre ses responsabilités pour demander aux dignitaires et fidèles de respecter la loi et ne pas “organiser d’activités religieuses illégales”. Concernant le terrain proprement dit, d’après lui, “s’il était placé sous la gestion des catholiques et utilisé par eux pendant une certaine période, il n’avait pas appartenu à l’Eglise auparavant”.
  
Soucieux d’apaiser les tensions avec cette communauté, la mairie avait proposé aux catholiques, avant même les événements récents, de choisir entre trois sites relativement vastes situés en périphérie, comme contrepartie à l’abandon de leurs revendications sur l’actuelle terrain, situé près de la cathédrale. Une proposition aussitôt rejetée par l’archevêché.
 

"En realité, 95 terrains appartenant à l’Eglise ont été confisqués par l’Etat à Hanoï, mais le diocèse n’a demandé que la restitution des endroits transformés en commerce”, precise Pham Van Dung. “Aucune demande n’a été deposée concernant les lieux transformés en écoles et hôpitaux.”

 
Lettre de plainte aux plus hautes instances
 
Depuis, les travaux se poursuivent et le camions chargés de déblais se succèdent sous le regard des passants et de dizaines de catholiques venus prier pour la restitution du terrain.
 
Les autorités affichent leur fermeté envers les catholiques et en particulier envers l’archevêque de la capitale vietnamienne, Mgr Ngo Quang Kiet, qui avait fait parvenir une lettre de plainte aux plus hautes instances afin de réclamer la fin immédiate de l’isolement du quartier de l’archevêché ainsi que la restitution de la propriété litigieuse.
 
Au-delà des frictions historiques, ce conflit reflète également les enjeux liés à la valeur croissante des terrains, en particulier dans les deux grandes villes du pays, Hanoï et Hô-Chi-Minh-Ville, qui ont toutes deux affiché des taux de croissance économique de l’ordre de 10% l’année passée.
 
Mercredi, si quelques dizaines de catholiques priaient encore devant le site, les forces de securité étaient moins nombreuses qu’aux premiers jours du conflit.
 

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