FINANCE

Le Congrès doit agir d'urgence selon Bernanke

Les dirigeants américains aimeraient que le Congrès adopte au plus vite son plan de sauvetage. Mais pas question, pour les législateurs (surtout pour les démocrates), d'adopter dans la précipitation un plan de 700 milliards de dollars.

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Les plus hauts dirigeants américains ont imploré mardi le Congrès d'adopter rapidement un plan de sauvetage du système bancaire, alors que les places financières mondiales restaient dominées par l'inquiétude après 10 jours d'une crise sans précédent.

Pendant qu'à New York les dirigeants de la planète évoquaient à l'ouverture  de l'Assemblée générale de l'ONU la crise qui secoue les marchés financiers, le Congrès américain a repris ses débats sur le plan de sauvetage des banques d'un montant de 700 milliards de dollars.

"Le Congrès doit agir d'urgence pour stabiliser la situation et éviter ce qui autrement pourrait avoir de très sérieuses conséquences pour nos marchés financiers et notre économie", a averti le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke.

Mais plusieurs sénateurs ont fait part de leurs réticences.

Le démocrate Jack Reed a regretté que "le contribuable doive assumer le risque de décisions désastreuses prises par des individus fortement rémunérés à Wall Street".

"Nous pourrions très bien dépenser 700 milliards de dollars ou 700.000 milliards et ne pas résoudre la crise. Avant que je signe quelque chose de cette ampleur, je veux savoir que nous avons épuisé toutes les solutions de rechange raisonnables", a lancé son collègue Richard Shelby.

Tentant de rassurer, le patron de la banque centrale américaine s'est dit convaincu de l'efficacité du plan préparé par le Trésor afin de nettoyer les créances douteuses accumulées par les banques dans l'immobilier.

Le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, a plaidé dans le même sens, appelant les parlementaires à dépasser les clivages politiques à moins de deux mois de l'élection présidentielle américaine. Il a précisé que son plan s'adresserait aussi aux banques étrangères actives aux Etats-Unis.

Sur les marchés, l'euphorie qui avait accueilli l'annonce du plan de sauvetage américain a laissé place aux interrogations devant les discussions du Congrès. Après une ouverture en hausse prudente, Wall Street perdait 1,35% vers 17H50 GMT.

Les marchés asiatiques -- à l'exception de Tokyo fermé mardi -- ont perdu du terrain, Shanghai reculant notamment de 1,56%. En Europe, Londres a perdu 1,91%, Francfort 0,64% et Paris 1,98%.

Le dollar relevait la tête après sa chute vertigineuse de lundi, cotant 1,4630 face à l'euro contre 1,4796 lundi soir. Le pétrole reculait légèrement après sa flambée de la veille.

Devant l'ONU, le président George W. Bush a assuré que le Congrès allait approuver le plan de sauvetage "avec la rapidité requise".

Son homologue français Nicolas Sarkozy a proposé à ses pairs de se réunir avant la fin de l'année pour "réfléchir ensemble aux leçons à tirer" de la crise, estimant qu'elle est "la plus grave qu'ait connue le monde depuis celle des années 1930". Il a précisé que cette réunion pourrait se dérouler en novembre sur la base du G8, avec une "possibilité d'ouverture sur les pays émergents".

Le président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva a appelé à "rebâtir" les institutions financières internationales afin qu'elles puissent prévenir les crises à l'avenir.

Malgré son ampleur, le plan de sauvetage américain ne lève pas les incertitudes.

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a salué les "mesures courageuses" prises par les Etats-Unis, mais averti que d'autres mesures au niveau mondial seraient nécessaires pour sortir de la crise.

Lundi, la méga-banque japonaise Mitsubishi UFJ a annoncé son intention de voler au secours de sa consoeur américaine en détresse Morgan Stanley, dont elle va acheter jusqu'à 20% du capital.

Au Royaume-Uni, le ministre des Finances Alistair Darling a annoncé que le gouvernement britannique allait déposer d'ici 15 jours un projet de loi visant à réformer le système bancaire.
 

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