CRISE FINANCIÈRE

Le plan Bush sera voté rapidement par le Congrès

Le plan de sauvetage d'un montant de 700 milliards de dollars proposé par George W. Bush devrait être voté rapidement et sans difficulté par le Congrès. Mais les démocrates entendent surveiller de près l'initiative du président américain.

Publicité

Les leaders démocrates du Congrès américain se sont montrés optimistes lundi soir, après une première journée de tractations, sur la tenue rapide d'un vote pour permettre à l'administration de dépenser jusqu'à 700 milliards de dollars afin d'assainir Wall Street.

"Nous avons compris la nécessité d'agir aussi vite que possible", a dit la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi au cours d'une brève déclaration devant la presse lundi soir. "La loi passera et passera vite", a-t-elle dit aux journalistes.

"Nous avons eu des conversations au-delà des partis, des conversations entre le législatif et l'exécutif", a ajouté Mme Pelosi avant de conclure : "nous n'enverrons pas de chèque en blanc à Wall Street".

Lundi matin, le Trésor américain avait indiqué avoir bon espoir que le Congrès adopte d'ici à la fin de la semaine une loi mettant en place un plan de sauvetage, selon une porte-parole du Trésor, qui a assuré que les discussions étaient "bonnes".

Selon le représentant démocrate du Massachusetts (nord-est) Barney Frank, l'administration serait même prête à signer un accord dans lequel les banques céderaient au Trésor une fraction de leur capital.

Confiants, les démocrates majoritaires au Congrès entendent profiter de l'occasion pour faire passer des idées qui leur sont chères: un nouveau plan de relance économique, un plafonnement des indemnisations des responsables d'entreprises qui s'en remettront au gouvernement pour éponger leurs actifs douteux.

Ils demandent également, comme leur candidat à la présidentielle Barack Obama, plus de "surveillance" sur la destination des 700 milliards de dollars, l'une des plus importantes interventions de l'administration de l'histoire des Etats-Unis.

"Nous devons mettre en place un conseil de surveillance" pour les rachats d'actifs du plan de M. Paulson, a déclaré M. Frank lors d'une conférence de presse lundi, soutenant une idée déjà proposée par le sénateur du Connecticut (nord-est) démocrate Chris Dodd, président de la commission bancaire du Sénat.

De leur côté, les républicains veulent, comme le secrétaire au Trésor Henry Paulson, quelque chose de "propre et clair". Autrement dit, pas d'alourdissement du plan présenté par le grand argentier de l'administration Bush.

"Les Américains attendent de voir si les démocrates et les républicains, le Congrès et la Maison Blanche, peuvent s'entendre pour résoudre ce problème avec l'urgence qu'il mérite", a déclaré lundi le président George W. Bush.

Le coût du projet fera sans aucun doute débat lui aussi, M. Paulson ayant affirmé qu'il n'était pas certain que le montant de 700 milliards soit atteint, tout en ajoutant qu'il pouvait aussi bien être dépassé.

Le sénateur républicain Chuck Shelby de la commission bancaire s'est dit "inquiet que la proposition du Trésor ne soit pas réalisable, ni complète en dépit d'un énorme coût". "Il serait stupide de perdre autant d'argent des contribuables à essayer une idée trop rapidement réfléchie", a-t-il ajouté en plaidant pour des "solutions alternatives".

Depuis lundi matin, les tractations entre les deux partis se déroulent de façon informelle dans des bureaux des parlementaires.

Selon M. Frank, les négociations progressent au Sénat et à la Chambre des représentants en vue de parvenir à un accord. "Il y a plus de consensus aujourd'hui qu'il n'y en avait vendredi", a-t-il dit. Toutefois, il a estimé que les négociations pourraient durer "plus longtemps" que prévu.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine