NATIONS UNIES

L'Iran maintient le cap sur le nucléaire malgré les sanctions

Devant l'assemblée de l'ONU, le dirigeant iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que l'Iran "résistera à l'intimidation et continuera à défendre ses droits" à l'accès à l'énergie nucléaire.

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L'Iran "résistera à l'intimidation et continuera à défendre ses droits" à l'accès au nucléaire civil, a déclaré mardi à l'ONU le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a aussi lancé une violente diatribe anti-sioniste.

Américains et Israéliens avaient comme toujours quitté leur siège pendant le discours de M. Ahmadinejad devant l'Assemblée générale des Nations unies.

"En dépit du droit inaliénable de toutes les nations, y compris la nation iranienne, à produire du combustible nucléaire dans un but pacifique, et en dépit de la transparence des activités iraniennes et de notre coopération avec les inspecteurs de l'AIEA, quelques puissances intimidantes essayent de dresser des obstacles (...) en exerçant des pressions politiques et économiques contre l'Iran", a déclaré le chef de l'Etat iranien.

"Ces mêmes nations produisent de nouvelles générations d'armes nucléaires et possèdent des stocks d'armes qu'aucune organisation internationale ne surveille", a-t-il ajouté.

"Mais le grand peuple iranien, avec sa confiance en Dieu, avec détermination et avec l'aide de ses amis, résistera à l'intimidation, a défendu et continuera à défendre ses droits", a encore dit M. Ahmadinejad.

Il a également lancé une violente diatribe anti-sioniste. "En Palestine, 60 ans de carnage et d'invasion se poursuivent toujours par l'entremise de quelques occupant sionistes criminels", a-t-il lancé.

Auparavant, le dirigeant iranien avait justifié sa politique de confrontation avec l'Occident par le fait que les Etats-Unis "encerclent" militairement l'Iran, dans une interview à la radio publique américaine National Public Radio (NPR).

"C'est l'armée américaine qui encercle nos frontières. Ce n'est pas nous qui sommes déployés aux frontières des Etats-Unis. Alors qu'est-ce qu'ils y font exactement ?", a-t-il ajouté.

Dans une autre interview au Los Angeles Times, le dirigeant iranien a estimé que les engagements militaires américains à l'étranger étaient en partie à l'origine de la tempête financière à Wall Street.

Il a exprimé l'espoir que la prochaine administration américaine renoncerait à la "logique de la force" du président George W. Bush.

"Le gouvernement américain a commis une série d'erreurs durant ces dernières décennies. D'abord, imposer à l'économie américaine des interventions et un engagement militaires lourds à travers le monde... la guerre en Irak par exemple. Ces coûts sont pesants", a-t-il estimé.

"L'économie mondiale ne peut plus tolérer le déficit budgétaire et les pressions financières engendrées par les marchés et par le gouvernement américains", a ajouté le président iranien.

M. Ahmadinejad a refusé de prendre parti pour l'un ou l'autre des candidats à la présidentielle américaine de novembre. "Quel que soit le gouvernement qui arrivera au pouvoir, il devra changer ses approches de politique étrangère", a-t-il estimé.

Le candidat républicain John McCain a une position intransigeante à l'égard de l'Iran, tandis que son rival démocrate Barack Obama s'est dit prêt à parler à la direction iranienne sous certaines conditions.

Dans un nouveau rapport publié la semaine dernière, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) a dénoncé le refus de Téhéran de cesser ses activités d'enrichissement de l'uranium, malgré trois premières séries de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU. L'AIEA a noté que l'Iran avait encore amélioré sa capacité d'enrichissement d'uranium et souligné n'être toujours pas en mesure d'établir que le programme nucléaire iranien est purement civil.
  

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