ISRAËL

Livni tend la main au Likoud pour un gouvernement d'union

Appelée à former un nouveau cabinet, Tzipi Livni appelle de ses vœux un gouvernement d'union nationale qui intégrerait la droite nationaliste du Likoud. Si aucune coalition ne voit le jour, des élections anticipées seront organisées.

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La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni s'est vue confier lundi soir la tâche de former un nouveau gouvernement au lendemain de la démission du Premier ministre Ehud Olmert.

Aux terme de consultations marathon, le président Shimon Peres a désigné au cours d'une cérémonie à la Présidence Tzipi Livni pour mobiliser une majorité parlementaire afin de former un gouvernement.

Elle dispose d'un délai de 42 jours pour y parvenir, faute de quoi, des élections anticipées devraient avoir lieu dans les 90 jours, au début de l'an prochain.

Lors d'un bref discours, Tzipi Livni a affirmé que sa "priorité est de constituer un gouvernement d'union nationale" qui regrouperait les partis de la majorité actuelle et le Likoud, la principale formation d'opposition de droite. "J'appelle Benjamin Netanyahu (chef du Likoud) à se joindre à un gouvernement d'union nationale sous ma direction", a-t-elle déclaré.

M. Netanyahu, un ancien Premier ministre a fait savoir à plusieurs reprises ces derniers jours qu'il refuserait d'entrer dans un tel gouvernement tout en prônant des élections anticipées.

Tzipi Lvini a ensuite évoqué la possibilité de reconduire la majorité actuelle avec le Kadima, son parti, les travaillistes, les ultra-orthodoxes du Shass et le parti des retraités.

Si cette option échoue également, Tzipi Livni a indiqué que des élections anticipées auraient lieu tout en déplorant à l'avance qu'"Israël connaîtrait dans ce cas une longue période d'incertitude politique".

Dans sa déclaration, Tzipi Livni n'a pas évoqué les négociations avec les Palestiniens ou la Syrie.

Le président Peres a annoncé sa décision de désigner Tzipi Livni après avoir consulté les chefs de partis politiques représentés au Parlement, à la suite de la démission dimanche du Premier ministre, impliqué dans des affaires de corruption.

Ehud Olmert restera toutefois à la tête d'un gouvernement de transition jusqu'à la formation d'un nouveau cabinet ou la tenue d'élections.

Tzipi Livni, élue mercredi dirigeante du parti centriste Kadima au pouvoir, la plus grande formation de la Knesset (29 siège sur 120) était la seule personnalité à pouvoir briguer le poste de Premier ministre dans la présente législature.

Mais elle n'a à ce stade aucune assurance d'obtenir une investiture de la Chambre, compte tenu de la faiblesse de la coalition actuelle et de ses profondes dissensions.

Selon les télévisions, seuls 38 députés ont recommandé son nom auprès du président pour former un gouvernement.

Dans la course au pouvoir, Tzipi Livni souffre d'un premier handicap pour n'avoir remporté les primaires qu'à l'arraché face au ministre des Transports Shaul Mofaz à l'issue d'un scrutin déjà contesté au sein du Kadima.

A présent, il va lui falloir surmonter les réticences du parti ultra-orthodoxe Shass (12 députés), dont l'appui est indispensable pour obtenir une majorité stable à la Knesset.

Or ce parti, dont la base penche fortement à droite, pose comme condition pour continuer de faire part de la coalition au pouvoir, un engagement formel de Tzipi Livni de s'abstenir de toute négociation sur l'avenir de Jérusalem-est, une issue majeure dans tout règlement de paix avec les Palestiniens.

Il réclame en outre une hausse substantielle des allocations familiales, ce à quoi Mme Livni et le ministre des Finances, Roni Bar On, sont opposés.

Elle se trouve par ailleurs confrontée à des manoeuvres compliquées du parti travailliste (19 sièges), principal partenaire du Kadima dans le gouvernement sortant.

Le parti travailliste s'est abstenu en effet dimanche de soutenir la candidature Livni, avançant en revanche celle de son dirigeant Ehud Barak, actuel ministre de la Défense.

Mais la loi exige qu'un Premier ministre soit député pour être désigné par le Parlement, ce qui n'est pas le cas pour Ehud Barak.

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