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Inquiétant recul du plus grand glacier de l'Arctique

À l'ouest du Groenland, le glacier d'Ilulissat, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, poursuit son recul de plusieurs kilomètres. Ce site est l'un des exemples les plus frappants du réchauffement climatique observé dans l'Arctique.

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Un désert de glaces défile à travers le hublot de l'hélicoptère survolant à basse altitude le panorama grandiose du fjord d'Ilulissat, à l'ouest du Groenland, une merveille classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

L'appareil se pose sur un promontoir de granit au bord de Kangia, --nom du fjord d'Ilulissat en groenlandais-- offrant un paysage saisissant de sculptures de glaces enchêvétrées, qui avancent à 2 mètres à l'heure vers la mer, pour y déverser des icebergs impressionnants.

Au loin se profile le front imposant du glacier d'Ilulissat (Sermeq Kujalleq en groenlandais) qui poursuit inexorablement son recul de plusieurs kilomètres, en vêlant avec un fracas assourdissant une cascade de morceaux de glace, un des exemples les plus frappants du réchauffement climatique observé dans l'Arctique.

"Nous ne pouvons plus pêcher et chasser comme avant car la glace dans la baie n'est plus aussi épaisse que par le passé", reconnaît Erik Bjerregaard, directeur d'hôtel à Ilulissat, qui, comme nombre d'habitants d'Ilulissat, a ses propres chiens pour ses randonnées en traîneau en hiver.

Site le plus visité du Groenland, tant par les touristes que par les scientifiques et personnalités politiques de par le monde, ce grand glacier fissuré par des mares d'eau bleu-émeraude est "malade", selon les glaciologues.

Il est en passe de se désintégrer selon des estimations récentes des scientifiques américains qui analysent quotidiennement des images satellites de la Nasa.

Poursuivant sa contraction, reculant de quelque 15 km au cours des 5 dernières années, sa bordure n'avait jamais été aussi loin à l'intérieur des terres en 150 ans d'observations et de relevés topographiques.

Selon Jason Box professeur associé au département de géographie de l'université de l'Ohio, ce glacier ne s'est pas contracté aussi loin depuis au moins 4.000 à 6.000 ans.

Glacier le plus actif de l'hémisphère nord, il produit 10% des icebergs du Groenland, ou quelque 20 millions de tonnes de glace par jour. Il est le plus rapide aussi (plus de 40 mètres par 24 heures).

A 250 km au nord du cercle arctique, Ilulissat, village aux maisons colorées au bord de la baie de Disko parsemée d'icebergs, les quelque 4.500 habitants et presqu'autant de chiens ont ressenti eux-aussi le réchauffement du climat.

Au port, l'un des plus importants pour la pêche à la crevette et de flétan les pêcheurs sont contraints d'aller de plus en plus loin pour attraper leurs prises.

"A cause de climat plus chaud" constaté au cours des 10 dernières années, "il y a de plus en plus de baleines, comme la baleine à bosse dévoreuse de plancton dont se nourrit aussi le flétan qui se raréfie", se lamente un pêcheur, Karl Thomasson.

Ce réchauffement est confirmé par le Centre américain de données sur la neige et la glace (NSIDC, National Snow and Ice Data Center), qui a relevé que l'étendue de la banquise en Arctique a atteint un niveau minimum, le 12 septembre, de 4,52 millions de km2.

Un niveau s'approchant du record de 4,13 millions de km2, atteint l'an dernier contre 7,7 millions de km2 de 1979 à 2000.

C'est le second niveau le plus bas enregistré par le NSDIC depuis 35 ans lorsque le centre a commencé à photographier en 1979 la glace par satellite.

Les glaciers du Groenland fondent maintenant deux fois plus rapidement qu'il y a deux ou trois ans, selon des mesures par radar et satellites, constate le professeur Soeren Rysgaard de l'Institut de ressources naturelles du Groenland à Nuuk.

Pour le chercheur danois Abbas Khan, à l'institut de recherche spatiale de Copenhague, qui étudie sur le terrain le mouvement des glaciers groenlandais, "la glace fond maintenant dans certains endroits sur la côte-est quatre fois plus rapidement qu'avant".

 

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