CHINE - LAIT CONTAMINÉ

Une entreprise accusée d'avoir tenté d'étouffer l'affaire

Sanlu, la principale entreprise incriminée dans le scandale du lait contaminé à la mélamine, aurait reçu des plaintes de consommateurs dès la fin de 2007. Pendant plusieurs mois, le groupe aurait essayé de dissimuler la vérité.

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Les têtes commencent à tomber dans l’affaire du lait contaminé à la mélamine. Après dix jours d’enquête et une vingtaine d’arrestations, c’est Li Changjiang, le directeur de l'Administration générale du contrôle de la qualité, de l'inspection et de la quarantaine, qui démissionne. Avec le rang de ministre, il est le plus haut responsable du contrôle de la qualité des produits alimentaires dans le pays.

 

Un homme important, il est l’architecte de la réforme du système chinois qui avait conduit à la fusion du ministère de la Santé et du ministère du Contrôle alimentaire. L’aveu d’échec est d’autant plus important pour le gouvernement qu’aujourd’hui le pays apprenait que Sanlu, la première société mise en cause dans cette affaire, avait caché pendant plus de neuf mois cette contamination. Des familles avaient porté plainte dès le mois de décembre après que leur enfant est tombé malade en buvant du lait de cette marque.



D’autres fonctionnaires locaux et des cadres du Parti communiste de la ville de Shijiazhuang, où Sanlu a son siège, sont également sous les verrous ou ont démissionné. On les accuse d’avoir tenté d’étouffer cette affaire d’empoisonnement. Aujourd’hui, tous les regards se tournent donc vers Sanlu qui apparaît de plus en plus comme le bouc émissaire dans ce scandale alimentaire.

 

Un choc car l’entreprise est l’une des marques les plus respectées et les plus connues du pays. C’est oublier également que près de 70 producteurs sont touchés par les contaminations à la mélamine, jusqu’au géant Nestlé dont les produits, fabriqués en Chine, ont été retirés des rayons des supermarchés à Hong Kong.



Le gouvernement veut faire vite car ce scandale tourne maintenant à la psychose. Pékin demande ainsi aux médias locaux de ne pas mener d’enquête indépendante et de se contenter de publier les informations officielles de l’agence Chine Nouvelle. Les autorités chinoises ont également ordonné aux avocats de ne pas défendre les victimes de ces contaminations et aux tribunaux de refuser les plaintes des familles.

 

Mais pour "digérer" cette affaire du lait frelaté il faudra beaucoup de temps. De nombreux pays en Asie et en Afrique ont déjà interdit les importations de lait chinois. Voilà qui risque de porter un coup fatal à une industrie en plein développement.

 

En huit ans, la consommation de lait en Chine avait plus que doublé, un marché, rien que pour le lait infantile, qui s’élève de 19 milliards de dollars. Aujourd’hui, des millions de petits producteurs ont mis la clef sous la porte. La consommation de lait s’est effondrée et les familles achètent désormais du lait importé ou du lait de soja pour leurs enfants.



Le "made in China" a du plomb dans l’aile. Pour éviter que cette crise sanitaire ne se transforme en crise économique, le ministère chinois du Commerce vient de lancer une grande campagne d’inspections des exportations chinoises. Tous les produits alimentaires, mais aussi les médicaments, les jouets ou encore les meubles, subiront de nouveaux tests et seront inspectés avant d’être exportés.

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