JAPON

Le conservateur Taro Aso élu Premier ministre

L'ancien chef de la diplomatie japonaise a été confirmé au poste de Premier ministre par le Parlement. Le successeur de Yasuo Fukuda, démissionnaire, doit annoncer la composition de son gouvernement ce mercredi.

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Le conservateur Taro Aso, 68 ans, a été élu mercredi au poste de Premier ministre par le Parlement japonais, à la place de Yasuo Fukuda, qui a démissionné après un an de pouvoir.

M. Aso, un ancien ministre des Affaires étrangères qui jouit d'une grande popularité auprès des Japonais, a rassemblé 337 voix sur son nom, contre 117 pour le chef de l'opposition, Ichiro Ozawa.

"En conséquence, cette chambre a décidé d'élire M. Taro Aso Premier ministre", a annoncé le président de la Chambre basse, Yohei Kono, devant les députés.

M. Aso s'est levé et s'est incliné à quatre reprises, avant de serrer les mains des parlementaires de son parti, le Parti libéral démocrate (PLD), majoritaire à la Chambre des députés.

Le Sénat, contrôlé par l'opposition, a ensuite procédé à un vote qui a donné sans surprise M. Ozawa vainqueur par 125 voix contre 108 à M. Aso. Mais, aux termes de la Constitution, la Chambre basse a le dernier mot.

M. Fukuda, 72 ans, qui avait brusquement annoncé sa démission le 1er septembre après avoir atteint un sommet d'impopularité, avait été nommé il y a exactement un an.

Il a formellement démissionné mercredi matin avec l'ensemble de ses ministres.

M. Aso doit annoncer la composition de son gouvernement dans la soirée.

Il aura ensuite la lourde tâche d'assurer la victoire du PLD aux élections législatives qui pourraient se tenir fin octobre ou début novembre au plus tard, selon les médias japonais.

Le PLD, qui gouverne le Japon depuis 1955 à l'exception d'une parenthèse de 10 mois dans les années 90, compte sur la popularité de M. Aso, apprécié pour sa verve et sa personnalité haute en couleur, pour perpétuer sa domination. Mais les réformes néolibérales menées ces dernières années ont aggravé les inégalités sociales dans les villes et rogné le niveau de vie des ruraux, base électorale traditionnelle du PLD.

Le Parti démocrate du Japon (PDJ) de M. Ozawa, fort de sa victoire aux élections sénatoriales de l'été 2007, l'a bien compris et multiplie les promesses en matière de politique sociale.

"Quand je vois la situation financière et d'autres choses, j'ai le sentiment que nous traversons une période de turbulences -- pas une période de paix", a dit M. Aso aux journalistes avant le vote au parlement, en allusion à la crise des marchés financiers.

Le nouveau Premier ministre a déclaré que la première de ses priorités serait d'augmenter les dépenses afin de stimuler la deuxième économie du monde, au bord de la récession, contrairement à la politique de réduction du déficit prônée au cours des dernières années par les réformateurs libéraux du PLD.

Selon la presse, M. Aso devrait nommer comme ministre des Finances Shoichi Nakagawa qui a promis de "recourir à toutes sortes de politiques" pour revigorer l'économie.

"Certains nous qualifient de dépensiers ou de membres de la vieille garde parce que nous n'hésitons pas à dépenser. Mais nous n'avons pas l'intention de reculer sur les réformes", a écrit récemment dans un journal M. Nakagawa, ancien ministre de l'Industrie.

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