CRISE FINANCIÈRE

Bush invite Obama et McCain à travailler avec lui

George W. Bush a invité ses potentiels successeurs à la Maison Blanche, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, à venir travailler avec lui, jeudi, sur le plan de sauvetage du secteur financier.

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L'anxiété grandissait jeudi face à l'impact de la crise financière alors que le Congrès américain n'arrive toujours pas à s'entendre sur le plan de sauvetage des banques, devenu le sujet brûlant de la campagne présidentielle.

Le président George W. Bush n'a pas hésité à parler d'"économie en danger" et de "période sans précédent pour l'économie américaine" pour convaincre le Congrès de s'entendre au plus vite sur le plan de 700 milliards de dollars destiné à sauver les banques américaines.

Il a invité les deux candidats à sa succession, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, à venir jeudi à la Maison Blanche pour "travailler à l'élaboration d'une solution sans esprit partisan et rapide sur le plan de sauvetage du secteur financier".

Si les marchés financiers européens et asiatiques semblaient être quelque peu rassurés jeudi par cette initiative du président américain, plusieurs autres signes trahissaient leur anxiété.

Le dollar d'abord, qui a baissé de près de 6% en deux semaines par rapport à l'euro pour se rapprocher à nouveau du seuil de 1,50 dollar pour un euro. L'or ensuite pour lequel l'once est passée dans le même temps de 750 à 890 dollars.

Le marché monétaire aussi, où les banques se prêtent de l'argent entre elles. Les taux y avaient atteint des sommets la semaine dernière.

Après la détente passagère suscitée par l'annonce du plan de sauvetage américain, ces taux sont repartis à la hausse depuis le début de la semaine: le Libor (taux interbancaire au jour le jour à Londres, qui sert de référence au marché bancaire international) s'établissait jeudi à 3,77% alors qu'il n'était qu'à 3,20% lundi et à 2,82% le 12 septembre juste avant l'ouragan financier.

"Alors que nous approchons de la fin de la semaine, l'attention reste très concentrée sur les progrès de la proposition de plan de sauvetage américain", commentait jeudi Matt Buckland, courtier chez CMC Market, à Londres.

L'inquiétude ne s'emparait pas seulement des marchés. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a estimé mercredi devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York que "la volatilité financière en particulier a touché de nombreux pays et son impact risque de devenir plus sérieux".

Les inquiétudes de Pékin sont d'autant plus aiguës que la Chine est l'un des plus grands détenteurs d'obligations du Trésor américain dans le monde et finance par conséquent une partie non négligeable de l'économie américaine.

En Europe, où les signes de ralentissement prononcé de l'économie s'accumulent, le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück a appelé jeudi à "re-civiliser" les marchés financiers, par une véritable régulation internationale.

Cet objectif ne sera pas atteint "avec des appels à la moralité contre la spéculation et les excès", ni par "de nouvelles déclarations d'intentions et appels à l'auto-régulation des marchés", a dit M. Steinbrück.

Loin d'être optimiste sur l'évolution de la crise, il a lancé: "si d'aucuns prétendent voir de la lumière au bout du tunnel, ils devraient envisager la possibilité que cette lumière soit simplement celle des phares du train qui arrive en sens inverse".

Même les églises joignent maintenant leur voix au chorus. Le chef de l'Eglise anglicane, l'archevêque de Canterbury Rowan Williams, a estimé jeudi que Karl Marx avait en partie raison dans sa critique du capitalisme.

"Marx a fait remarquer il y a longtemps la façon dont un capitalisme débridé peut devenir une sorte de mythe, attribuant réalité, pouvoir et moyens d'action à des choses qui n'ont pas d'existence par elles-mêmes", a-t-il souligné dans une tribune à paraître dans l'hebdomadaire britannique The Spectator.
 

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