CINÉMA

Oliver Stone retrace la vie de Bush dans "W"

Le réalisateur franco-américain Oliver Stone, connu pour ses idées de gauche, retrace la vie de l'actuel chef de l'Etat américain. "W" sort aux Etats-Unis le 17 octobre, trois semaines avant l'élection présidentielle.

Publicité

C'est l'histoire d'un type peu doué, devenu président de la première puissance mondiale, résume le réalisateur Oliver Stone dont le film "W", qui retrace la vie de l'actuel chef d'Etat américain, sort aux Etats-Unis le 17 octobre, trois semaines avant l'élection présidentielle.

Première surprise, et de taille, le réalisateur franco-américain, connu pour ses idées de gauche, n'a pas dressé de réquisitoire sanglant contre George W. Bush et son administration tant décriée mais livre au public une comédie presque tendre.

Dans son très attendu "W. L'improbable président", Oliver Stone revient sur la jeunesse tumultueuse de ce fils de bonne famille et de président (son père a occupé la Maison Blanche de 1989 à 1993), incarné avec réalisme à l'écran par l'acteur américain Josh Brolin, tandis qu'Elizabeth Banks se glisse dans la peau de la Première dame, Laura Bush.

Porté sur la bouteille, amateur de jolies filles, le jeune et peu prometteur George W. s'intéresse de très loin à la politique puis choisit de se bâtir une image de Texan, cet Etat du Sud dont il fut gouverneur six ans, avant de se faire élire deux fois à la présidence.

Après avoir revêtu l'uniforme de Commandant en chef dans le sillage du 11-Septembre pour renverser le régime taliban en Afghanistan et envahir l'Irak en mars 2003, l'actuel 43e président des Etats-Unis est probablement le plus décrié de l'histoire du pays et celui dont la cote de popularité est la plus catastrophique, après huit ans à la Maison Blanche.

"Comment ce type a-t-il pu devenir président?", se demande le réalisateur, interrogé par l'AFP. "C'est incroyable. C'est un homme ordinaire, il ne sait même pas parler, il bafouille", relève Oliver Stone. "C'est une histoire invraisemblable", ajoute-t-il.

Petit budget, acteurs engagés qui ont accepté de réduire leurs cachets, le film, qui sort en France le 29 octobre, n'a reçu aucun financement hollywoodien et a bien failli ne jamais voir le jour.

"Chaque studio nous a dit non. Vous seriez surpris de voir le nombre de gens dans le cinéma qui refusent d'associer leur nom à un projet politique", avoue le réalisateur. Le long métrage, tourné à Shreveport en Louisiane (sud), "a été à deux doigts de ne pas se faire", assure-t-il.

"J'ai de la sympathie pour Bush en tant qu'être humain", confiait en mai le réalisateur. "50 millions de gens ont voté pour lui, à deux occasions. C'est un politicien beaucoup plus talentueux que son père", estime encore aujourd'hui Oliver Stone. "Il fut longtemps de la trempe de Reagan, jusqu'à ce qu'il devienne si détestable", reconnaît-il.

Oliver Stone, 62 ans, a souvent choisi de conter des moments charnière de l'histoire américaine: la guerre du Vietnam avec "Platoon", l'assassinat de Kennedy ("JFK"), la démission de Richard Nixon ("Nixon") ou encore les attentats du 11-Septembre ("World Trade Center").

Il a remporté trois Oscars: meilleur scénario pour "Midnight Express" en 1979 et meilleur réalisateur en 1987 et 1990, pour "Platoon" et "Né un 4 juillet".

"Je suis le genre de gars qui fait ce qu'il pense", se plait à dire, non pas le réalisateur mais... son héros d'un film, George W. Bush.
 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine