ALITALIA

Un puissant syndicat donne son accord au plan de reprise

La CGIL, la plus puissante confédération syndicale italienne, a donné son accord au plan de reprise d'Alitalia. Le maire de Rome, Gianni Alemanno, a par ailleurs déclaré que Air France-KLM était partie prenante de ce rachat.

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Les chances d'un sauvetage d'Alitalia se sont considérablement renforcées jeudi après l'accord donné au plan de reprise de la compagnie par le plus gros syndicat italien, la CGIL, à la suite d'une relance surprise des négociations par le gouvernement Berlusconi.

L'incertitude plane encore cependant sur la position des syndicats de pilotes et de personnel navigant, qui ont promis pour certains de prendre une décision en accord avec leur base.

L'échéance pour que ces organisations donnent leur position sur le plan de reprise, initialement fixée à jeudi soir, a été repoussée à vendredi 13H00 (11H00 GMT), a annoncé jeudi soir Gianni Letta, le bras-droit du chef du gouvernement Silvio Berlusconi.

"C'est un signal très important pour nous (...) Nous travaillons, nous ne sommes pas encore parvenus à un résultat", a déclaré Fabio Berti, le président du syndicat de pilotes Anpac, en sortant d'une rencontre avec M. Letta.

Les pilotes et le personnel navigant réunis en assemblée générale jeudi à l'aéroport romain de Fiumicino, semblaient pencher vers le non, selon les agences italiennes.

Après avoir rejeté le plan de la Cai, comme les syndicats de pilotes et de personnel navigant, ce qui avait abouti au retrait de l'offre de rachat jeudi dernier, la CGIL a donné son accord en fin de matinée.

Guglielmo Epifani, le secrétaire général de la CGIL, qui a lancé un appel aux syndicats réticents, a expliqué avoir changé de position à la suite de concessions de dernière minute de la Cai sur les rémunérations des personnels au sol, les congés ou le sort des salariés précaires.

La CGIL a ainsi rejoint les trois autres confédérations syndicales, l'UIL, la CISL et l'UGL, qui avaient déjà dit oui au plan de sauvetage. Celui-ci prévoit la reprise des activités de transport de passagers et une fusion avec la deuxième compagnie de la péninsule, Air One, mais aussi 3.250 licenciements.

Ensemble, ces quatre syndicats représentent une majorité des salariés d'Alitalia. La presse italienne n'a pas exclu que la Cai aille de l'avant même sans l'accord des syndicats catégoriels.

La Cai, qui a redéposé une offre qui court jusqu'au 15 octobre, est revenue dans le jeu à la suite d'une médiation du gouvernement, qui a multiplié les contacts afin de relancer les négociations.

Une faillite d'Alitalia serait un grave revers pour Silvio Berlusconi, qui s'était engagé à trouver des repreneurs italiens, après s'être opposé au projet de rachat d'Air France-KLM, rejeté par les syndicats en avril.

Autre bonne nouvelle jeudi pour la compagnie, les avions ne seront pas cloués au sol pour le moment, a assuré le président de l'autorité de l'aviation civile italienne, Vito Riggio, rassuré par le retour de la Cai.

"Il n'y a pas pour le moment de risque d'interruption de la licence provisoire" de la compagnie, a déclaré M. Riggio.

Si un accord sur la reprise est trouvé, la Cai nouera ensuite une alliance avec une compagnie étrangère.

L'arrivée annoncée d'une compagnie étrangère a contribué à rassurer les syndicats qui craignaient pour Alitalia un avenir de compagnie low-cost.

Air France-KLM, qui détient déjà 2% d'Alitalia, pourrait prendre une participation de 10 à 20%, a appris jeudi l'AFP de source industrielle. Lufthansa et British Airways sont aussi intéressées.

Selon le maire de Rome, Gianni Alemanno, l'alliance se ferait avec Air France.

Détenue à 49,9% par l'Etat italien, Alitalia, qui perd 3 millions d'euros par jour et dont la dette s'élève à 1,2 milliard d'euros, a été placée fin août sous administration extraordinaire.

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